À l'occasion de la Journée nationale de l'enfant 2026, l'organisation Child Online Africa exhorte les autorités et les familles à transformer les politiques de sécurité numérique. L'enjeu est de passer d'une protection descendante à une approche participative, où les mineurs deviennent des acteurs de leur propre sécurité face à l'essor des menaces en ligne.
L'impératif d'une protection numérique participative
Face à une pénétration d'Internet atteignant 68 % au Ghana, les risques pour les mineurs — cyberharcèlement, exploitation sexuelle, exposition à des contenus nocifs — se multiplient. Pour Child Online Africa, la réponse institutionnelle ne peut être efficace sans l'implication directe des jeunes. L'organisation promeut le Forum sur la gouvernance de l'Internet pour les enfants (Children’s IGF), un espace dédié où les mineurs partagent leurs expériences et contribuent à définir les standards de sécurité de demain. Cette démarche vise à intégrer la vigilance numérique dans le quotidien des enfants plutôt que de la traiter comme une mesure corrective isolée.
Renforcement de l'arsenal législatif et répressif
L'Autorité de cybersécurité du Ghana (CSA) intensifie ses actions pour endiguer les abus. Dans une volonté de durcir la réponse pénale, la CSA propose une peine de 25 ans d'emprisonnement pour toute diffusion d'images intimes de mineurs, en s'appuyant sur la loi sur la cybersécurité de 2020. Au-delà de la répression, l'institution mise sur la prévention : plus de 1 000 élèves ont déjà été formés aux techniques de protection contre les prédateurs en ligne dans la circonscription de La-Nkwantanang-Madina.
Vers une gouvernance continentale des droits numériques
L'ambition de Child Online Africa dépasse les frontières ghanéennes. L'organisation plaide pour l'adoption d'un protocole à l'échelle de l'Union africaine visant à fixer l'âge minimum d'accès aux réseaux sociaux à 16 ans. À plus long terme, elle préconise la création d'une Commission africaine de sécurité électronique d'ici 2028. Cette instance aurait pour mission de surveiller les préjudices en ligne, d'imposer des standards de protection et de garantir la responsabilité des entreprises technologiques face aux dommages subis par les mineurs sur leurs plateformes.
Un appel à la vigilance citoyenne
Alors que le pays célèbre sa jeunesse, le message reste axé sur la responsabilité collective. Les autorités rappellent l'importance du signalement des activités suspectes via les lignes dédiées de la CSA (292 ou 050-160-3111). En formant des « conseillers enfants » capables de concevoir des outils de sensibilisation par les pairs, les acteurs de la société civile espèrent créer un écosystème numérique plus sûr, fondé sur le droit des mineurs à être entendus dans la construction de leur environnement virtuel.