Le Ghana devient l’un des huit pays pilotes d’un outil de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) visant à évaluer et renforcer les systèmes d’essais cliniques, un levier stratégique pour l’autonomie sanitaire africaine.
Un cadre d’évaluation inédit pour des essais cliniques de qualité
Contrairement aux méthodes traditionnelles qui se concentrent sur le nombre d’essais menés, l’outil de benchmarking de l’OMS propose une approche structurée pour évaluer sept domaines fonctionnels : l’engagement des patients, la conception des recherches scientifiques, la supervision réglementaire, la gestion des données, les opérations des essais, le leadership et les infrastructures. Ce cadre, composé de 32 objectifs fonctionnels et 112 résultats spécifiques, permet aux institutions de cartographier leurs forces et leurs lacunes en matière de recherche clinique éthique et rigoureuse.
Une mobilisation nationale avec 13 institutions impliquées
Sous l’égide de l’Institut national des vaccins (NVI), un atelier de formation a été organisé à Ho, dans la région de la Volta, pour préparer les équipes institutionnelles à l’auto-évaluation. Une évaluation approfondie a ensuite été menée du 10 au 13 août 2026, réunissant 13 acteurs clés du secteur : des centres de recherche médicale comme l’Institut Noguchi de l’Université du Ghana, des hôpitaux universitaires, des centres spécialisés en biologie cellulaire et en médecine traditionnelle, ainsi que des structures de santé publique. L’objectif n’est pas de classer ces institutions, mais de renforcer collectivement l’écosystème de la recherche clinique au Ghana.
Vers une souveraineté sanitaire et une production locale de vaccins
Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large du Ghana : développer ses capacités en recherche et en fabrication de vaccins. Le Dr Sodzi Sodzi-Tettey, PDG du NVI, souligne que le pays partira de la production de vaccins finis pour, à terme, maîtriser l’ensemble du processus industriel. « L’expertise réunie ici représente le cerveau dont nous avons besoin pour identifier et combler nos lacunes institutionnelles », déclare-t-il. Le Dr Grace Ayensu-Danquah, vice-ministre de la Santé, ajoute que cette démarche est essentielle pour une souveraineté sanitaire durable, car les recherches menées hors d’Afrique ne répondent pas toujours aux besoins spécifiques du continent.
Un modèle pour l’Afrique et une contribution à l’outil mondial de l’OMS
Le Ghana, en tant que l’un des huit pays pilotes, participera également à l’affinement de l’outil de benchmarking avant son adoption à plus grande échelle. Cette participation pourrait renforcer sa position comme hub de recherche clinique en Afrique. Le Dr Angela Ackon, experte technique de l’OMS, précise que cet exercice offrira aux institutions ghanéennes une méthode structurée pour évaluer leurs capacités et tracer une feuille de route claire vers l’amélioration. Les résultats, attendus prochainement, permettront d’identifier les lacunes communes et d’orienter les investissements futurs, tout en favorisant une coopération régionale plus efficace.