Le Ghana perd 27 % de son électricité : un gouffre financier qui menace tout le secteur énergétique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 31 lectures
Le Ghana perd 27 % de son électricité : un gouffre financier qui menace tout le secteur énergétique

Avec des pertes électriques atteignant 27 %, le Ghana voit son secteur énergétique s’enfoncer dans une crise financière qui pourrait étouffer sa croissance. Les distributeurs, incapables de récupérer leurs revenus, peinent à honorer leurs obligations, tandis que l’État risque de perdre des recettes fiscales cruciales.

Des pertes techniques et commerciales qui asphyxient les distributeurs

Le Ghana perd près d’un tiers de l’électricité qu’il produit avant même qu’elle ne soit facturée aux consommateurs. Selon Hesford Quaye-Larbi, ingénieur électrique et membre de l’Institution of Engineering, ces pertes – à la fois techniques (fuite, inefficacité des réseaux) et commerciales (fraude, impayés) – réduisent drastiquement les recettes des entreprises de distribution. Sur 100 unités d’électricité achetées, seules 73 parviennent aux clients, privant les distributeurs de près de 30 % de leur chiffre d’affaires potentiel.

Cette situation crée un cercle vicieux : les distributeurs, déjà fragilisés, doivent pourtant régler leurs dettes envers les producteurs indépendants et les fournisseurs d’électricité. Le manque à gagner se répercute ensuite sur l’État, dont les entreprises publiques peinent à s’acquitter de leurs obligations fiscales, aggravant les tensions budgétaires.

Un risque systémique pour l’économie et les tarifs

Les pertes actuelles ne sont pas seulement un problème technique, mais un enjeu macroéconomique. Quaye-Larbi souligne que ces 27 % de pertes représentent un manque à gagner colossal pour le secteur, sans pour autant nécessiter une hausse immédiate des tarifs. En réduisant ces pertes, le Ghana pourrait générer des ressources supplémentaires sans alourdir la facture des ménages ou des industries.

Pourtant, le risque est double : d’une part, une dégradation continue de la santé financière des acteurs du secteur pourrait entraîner des coupures ciblées ou généralisées, freinant l’activité économique. D’autre part, l’État pourrait être contraint d’augmenter les subventions ou de recourir à des emprunts pour combler les déficits, alourdissant la dette publique.

Investir dans les infrastructures : une urgence pour éviter l’effondrement

Face à cette crise, l’ingénieur plaide pour un plan d’urgence axé sur deux leviers : la modernisation des réseaux de transmission et de distribution, et le renforcement des mécanismes de recouvrement des créances. Les pertes techniques, liées à des infrastructures vétustes, pourraient être réduites par des investissements ciblés dans les lignes à haute tension et les compteurs intelligents.

Côté commercial, la lutte contre la fraude et les impayés passe par des campagnes de sensibilisation, des sanctions plus strictes et une digitalisation accrue des processus de facturation. Sans ces mesures, le secteur risque de s’enliser dans une spirale de dettes, avec des conséquences en cascade sur les prix de l’énergie et la compétitivité industrielle du pays.

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