Le Ghana peine à financer sa campagne cacaoyère 2026/27 face à la méfiance des investisseurs locaux

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 40 lectures
Le Ghana peine à financer sa campagne cacaoyère 2026/27 face à la méfiance des investisseurs locaux

Le secteur cacaoyer ghanéen traverse une crise de liquidités majeure qui retarde le lancement de la campagne 2026/27. Alors que le pays tente de s'affranchir des prêts syndiqués internationaux, les investisseurs locaux exigent des primes de risque plus élevées, menaçant la capacité des acheteurs agréés à collecter les fèves auprès des producteurs.

La fin d'un modèle de financement historique

Pendant plus de trente ans, le COCOBOD, l'organisme régulateur, a financé ses achats via des prêts syndiqués internationaux. Cependant, la crise économique de 2022 et les difficultés de restructuration de la dette ont rendu ce modèle caduc. Après avoir abandonné les syndications bancaires en 2024, le Ghana cherche désormais à lever des fonds sur son marché intérieur via des obligations cacaoyères. Cette transition se heurte toutefois à une réalité financière complexe : les investisseurs institutionnels, notamment les fonds de pension, réclament des taux de coupon plus attractifs pour compenser les risques accrus liés aux performances passées du secteur.

Le poids des dettes et l'incertitude des acheteurs

La situation est aggravée par une ardoise de 4 milliards de GH¢ (environ 350 millions de dollars) due aux acheteurs agréés pour la saison précédente. La Chambre des commerçants de cacao alerte sur le fait que ces impayés, couplés à la pression des banques créancières, pourraient paralyser le processus d'achat sur le terrain. Le COCOBOD estime pourtant avoir besoin de lever environ 26 milliards de GH¢ pour couvrir la campagne, en misant sur des billets de trésorerie à 270 jours pour sécuriser la moitié de cette somme.

Un arbitrage délicat sur le prix aux producteurs

Le gouvernement ghanéen se trouve face à un dilemme stratégique concernant le prix d'achat aux producteurs. Si une hausse de 6 % est envisagée, le pays doit rester compétitif tout en respectant la nouvelle législation qui garantit aux agriculteurs au moins 70 % de la valeur nette d'exportation. Cette décision est d'autant plus sensible que la Côte d'Ivoire, premier producteur mondial, a déjà fixé ses tarifs. Les observateurs craignent qu'un différentiel de prix trop important entre les deux voisins ne favorise la contrebande transfrontalière, déstabilisant davantage une filière déjà sous tension.

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