Le gouvernement ghanéen a franchi une étape décisive dans sa quête de souveraineté sanitaire avec le lancement officiel, le 28 octobre 2026, de la Politique de fabrication pharmaceutique du Ghana (GPMP). Ce cadre stratégique vise à transformer le pays en un centre névralgique de la production de médicaments et de vaccins en Afrique, en levant les obstacles structurels au financement et à l'industrialisation du secteur.
Un cadre pour lever les verrous financiers
L'un des principaux objectifs de la GPMP est de répondre aux exigences des institutions financières de développement, qui conditionnent souvent leurs prêts à l'existence d'une politique étatique claire. Le Dr Sodzi Sodzi-Tettey, directeur général du National Vaccine Institute (NVI), souligne que ce texte garantit désormais un soutien gouvernemental explicite, incluant des incitations fiscales, des facilités d'investissement et, surtout, un engagement de l'État à privilégier l'achat de produits fabriqués localement. Cette mesure est cruciale pour des entreprises comme Atlantic Lifesciences et DEK Vaccines Ltd, qui nécessitent au moins 100 millions de dollars pour le développement de leurs infrastructures.
Des avancées technologiques et industrielles concrètes
Le secteur pharmaceutique ghanéen affiche déjà des résultats tangibles. En mai 2025, le pays a produit son premier sérum antivenimeux, une avancée majeure pour les populations rurales. Parallèlement, le NVI a mis en place un laboratoire d'ARNm au Noguchi Memorial Institute for Medical Research, positionnant le Ghana parmi les cinq nations africaines dotées de cette technologie de pointe. Le calendrier industriel est ambitieux : le pays prévoit de lancer la production de sérum antitétanique et de vaccins diphtérie-tétanos d'ici 2027.
Vers une intégration au marché continental
Au-delà du marché intérieur, le Ghana mise sur l'exportation pour assurer la viabilité de ses usines. Grâce à un protocole d'accord signé avec le mécanisme d'achat groupé des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (APPM), des entreprises locales comme Atlantic Lifesciences ont déjà été préqualifiées. Cette société a d'ailleurs obtenu un contrat pour fournir de l'ocytocine à l'échelle du continent, illustrant la montée en puissance des standards de qualité ghanéens.
Réduire la dépendance aux importations
La stratégie globale, soutenue par des investissements publics significatifs — dont une enveloppe de 50 millions de dollars allouée par le président John Dramani Mahama en 2025 — vise à restructurer un écosystème actuellement dépendant à 70 % des importations. En favorisant la recherche, le développement et la production locale de matières premières, le gouvernement entend créer un hub pharmaceutique intégré, capable de répondre aux besoins de santé publique tout en stimulant l'industrialisation nationale.