Le gouvernement ghanéen s'apprête à transformer la gestion de ses infrastructures routières en introduisant un système de péage électronique multi-voies sur les axes ayant bénéficié de travaux de réhabilitation. Cette initiative, annoncée par le ministre des Routes et des Autoroutes, Kwame Governs Agbodza, marque une rupture technologique majeure visant à optimiser la collecte des recettes tout en garantissant la fluidité du trafic.
Une transition technologique pour le financement des infrastructures
Le nouveau dispositif repose sur une technologie de flux libre, permettant aux automobilistes de circuler sans marquer d'arrêt aux points de contrôle. Ce modèle, validé par le Conseil des ministres en juin 2025, s'appuie sur des solutions numériques avancées, telles que l'identification par radiofréquence (RFID) et la reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation. L'objectif affiché est de renforcer la transparence et de limiter les fuites de revenus, tout en éliminant les infrastructures physiques traditionnelles qui entravaient la circulation.
Le retour d'une politique de péage modernisée
Cette décision intervient après l'abolition nationale des péages routiers en novembre 2021, une mesure qui avait conduit au démantèlement des postes de péage physiques, notamment sur l'autoroute Accra-Tema, pour réduire les embouteillages. Le gouvernement actuel a toutefois réévalué cette stratégie, considérant le péage comme un levier indispensable pour financer l'entretien et le développement du réseau routier national. En remplaçant les cabines manuelles par une plateforme informatique centralisée, l'État cherche à concilier impératifs budgétaires et efficacité opérationnelle.
Les zones d'ombre du déploiement
Si l'annonce confirme la volonté de modernisation, plusieurs paramètres cruciaux restent à préciser par les autorités compétentes. À ce stade, le ministère n'a pas encore communiqué la liste exhaustive des routes concernées par ce système, ni le calendrier précis de mise en œuvre ou la grille tarifaire qui sera appliquée aux usagers. La réussite de ce projet dépendra de la capacité de l'administration à déployer une infrastructure numérique robuste, capable de gérer les flux de données en temps réel sur l'ensemble du territoire national.