Le Ghana ambitionne de transformer son mix énergétique pour alléger le poids financier de sa production électrique. En substituant le gaz naturel aux combustibles liquides, le pays estime pouvoir réaliser une économie annuelle proche de 500 millions de dollars, tout en renforçant sa souveraineté énergétique.
Un levier stratégique pour les finances publiques
La dépendance actuelle aux combustibles liquides, tels que le pétrole brut léger, pèse lourdement sur les réserves de change du Ghana. Selon les autorités, le passage à une production thermique alimentée par le gaz domestique permettrait de réduire drastiquement ces sorties de devises. Cette transition est au cœur de la politique « Gas-to-Power », qui vise à stabiliser les coûts de l'électricité pour les consommateurs et les industries en limitant la volatilité des prix liée aux importations de carburants coûteux.
Le projet GPP2 au centre de l'expansion industrielle
Pour concrétiser ces objectifs, le gouvernement mise sur la construction d'une seconde usine de traitement de gaz (GPP2), qui viendrait compléter les capacités de l'installation existante d'Atuabo. Ce projet, dont la mise en service est envisagée pour le deuxième trimestre 2028, est conçu pour traiter les volumes de gaz associés issus des champs pétroliers offshore. Au-delà de la production d'électricité, cette infrastructure est perçue comme un catalyseur pour l'ensemble du secteur industriel, permettant une meilleure gestion des ressources gazières nationales.
Les défis de l'efficacité infrastructurelle
Si les bénéfices économiques potentiels sont jugés « colossaux » par les experts, leur réalisation dépendra étroitement de la qualité du réseau de transport. L'installation d'un pipeline terrestre est prévue pour accompagner l'augmentation de la capacité de traitement, garantissant ainsi l'acheminement efficace du gaz vers les sites de production électrique. Des ingénieurs soulignent toutefois que la rentabilité du projet reste conditionnée à une exécution rigoureuse du calendrier de construction et à une gestion optimale de l'infrastructure de transport.
Renforcer la confiance des investisseurs
L'amélioration des capacités de traitement du gaz ne répond pas seulement à un besoin énergétique immédiat ; elle constitue également un signal fort pour le secteur pétrolier amont. En facilitant la valorisation du gaz associé, le Ghana espère lever les contraintes qui pèsent parfois sur la production pétrolière et accroître l'attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux. Cette stratégie globale d'infrastructure s'inscrit dans une volonté de conserver davantage de valeur ajoutée au sein de l'économie nationale.