Le Ghana a profité du sommet Africa Down Under (ADU) à Perth pour présenter son nouveau cap stratégique aux investisseurs australiens. En délaissant le modèle traditionnel d'exportation de matières premières brutes, le pays ambitionne de devenir un acteur clé de la transition énergétique mondiale grâce à ses ressources en minerais critiques.
Diversification vers les minerais de batterie
Lors de cet événement majeur dédié au secteur minier africain, la délégation ghanéenne, menée par la Haute-Commissaire Doris Brese et le directeur adjoint de la Commission des minéraux, Maxwell Yao Akpene Klu, a souligné la volonté du pays de dépasser sa dépendance historique à l'or. Le Ghana cible désormais activement le lithium, la bauxite et le fer, des ressources essentielles aux technologies vertes et à la fabrication industrielle. Le gouvernement insiste sur une transition vers un modèle de « valeur ajoutée » locale, visant à transformer les minerais sur place pour stimuler l'emploi et accroître les marges bénéficiaires.
Partenariats stratégiques pour l'acier
Le secteur du fer représente un levier de croissance majeur, avec des gisements estimés à plus d'un milliard de tonnes. Pour exploiter ce potentiel, le pays s'appuie sur la Ghana Integrated Iron and Steel Development Corporation (GIISDEC). L'objectif est de structurer une filière intégrée, allant de l'extraction au raffinage et à la fusion. Cette stratégie s'inscrit dans un programme de transformation économique plus large, mis en œuvre par le gouvernement au cours des 18 derniers mois pour favoriser l'industrialisation nationale.
Sécurité juridique et climat des affaires
Pour rassurer les investisseurs internationaux, Accra met en avant la stabilité de son cadre légal, fondé sur la Constitution de 1992 et la loi sur les mines de 2006, actuellement en cours de révision pour offrir un environnement plus incitatif. Des mesures spécifiques, incluant des exonérations fiscales pour l'exploration, ont été introduites. Les autorités ghanéennes insistent sur le respect de la « sacralité des contrats » et sur une gouvernance transparente comme piliers de leur attractivité sur le continent.
Investissement dans le capital humain
Au-delà des infrastructures et des réformes législatives, le Ghana investit dans la formation de sa main-d'œuvre spécialisée. La Commission des minéraux a mis en place un programme de parrainage en partenariat avec l'Université Curtin en Australie. Ce dispositif, qui soutient actuellement 25 étudiants, vise à renforcer les compétences locales nécessaires pour accompagner la montée en puissance du secteur minier et garantir une gestion durable des ressources sur le long terme.