Face au vieillissement de la population agricole ghanéenne, dont l'âge moyen dépasse désormais 50 ans, les autorités appellent à une transition générationnelle massive. Lors de l'Africa Food Systems Forum tenu à Kigali, le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture a souligné que l'avenir du secteur repose sur l'engagement des jeunes entrepreneurs, non seulement dans la production primaire, mais sur l'ensemble de la chaîne de valeur.
Diversifier les opportunités au-delà du champ
Le vice-ministre de l'Alimentation et de l'Agriculture, John Dumelo, a insisté sur une vision élargie de l'agribusiness. Selon lui, il n'est pas nécessaire d'être agriculteur au sens traditionnel pour contribuer à la sécurité alimentaire du pays. Le concept d'« agripreneur » est mis en avant pour encourager les jeunes à investir dans la transformation, la logistique et la commercialisation. Pour pallier les difficultés d'accès au foncier et au financement, le ministère préconise une approche progressive : démarrer par des projets à petite échelle tout en structurant rigoureusement la gestion comptable des entreprises pour attirer les investisseurs.
La problématique des marges et des intermédiaires
Lors des échanges avec la délégation ghanéenne, les jeunes entrepreneurs ont soulevé des obstacles structurels majeurs, notamment la pression exercée par les coûts de production croissants. Sadat Abdul Wahab, fondateur de Seedvance, a pointé du doigt le déséquilibre des profits, où les intermédiaires captent une part disproportionnée de la valeur ajoutée au détriment des producteurs. Il a plaidé pour une intervention publique visant à réguler les prix de vente, à l'instar des mécanismes existants dans la filière cacao, afin de garantir une rémunération équitable aux agriculteurs.
Priorités stratégiques du ministère
Le gouvernement ghanéen a réaffirmé ses objectifs pour les quatre prochaines années, ciblant prioritairement l'industrie avicole et la transformation locale des produits. L'enjeu est double : accroître la disponibilité des denrées alimentaires tout en réduisant leur coût final pour le consommateur. À travers le programme « Feed Ghana », le ministère entend créer un cadre plus favorable à l'insertion des jeunes, tout en maintenant un dialogue ouvert avec les acteurs du terrain pour ajuster les politiques publiques aux réalités du marché.