Le gouvernement ghanéen ambitionne de transformer son secteur horticole en intégrant la production sous serre à un écosystème logistique continu. Ce projet, porté par l'initiative de l'économie de 24 heures, vise à dépasser le stade de la simple production agricole pour bâtir une industrie compétitive capable de répondre aux exigences des marchés internationaux.
Structurer la chaîne de valeur horticole
Pour Augustus « Goosie » Obuadum Tanoh, conseiller présidentiel en charge de l'économie de 24 heures, la réussite du secteur repose sur une interconnexion rigoureuse entre les sites de production, les centres de stockage frigorifique et les réseaux de distribution. Le programme agricole périurbain « Shiqpon » est au cœur de cette stratégie : il doit permettre de relier les serres et les systèmes de micro-irrigation à des plateformes d'agrégation et de conservation, garantissant ainsi la qualité des produits destinés à l'exportation comme au marché local.
Le hub de Tamale comme levier logistique
Le renforcement des capacités logistiques constitue un pilier central de cette transformation. Le gouvernement mise sur le hub de fret aérien de Tamale pour faciliter l'acheminement de produits à haute valeur ajoutée, tels que les fleurs coupées, les fruits et les légumes. En collaboration avec des investisseurs privés, un corridor dédié aux fleurs coupées est en cours de développement le long de l'axe Daboya-Singa. L'objectif est clair : permettre une exportation rapide vers l'Europe, le reste de l'Afrique de l'Ouest et les pays du Golfe, en s'inspirant du modèle kényan qui a généré 556 millions de dollars de revenus grâce aux fleurs l'an dernier.
Développement durable et corridor économique
Au-delà de l'horticulture, le gouvernement déploie le projet du corridor économique de la Volta. Cette initiative vise à articuler production agricole, développement industriel et logistique fluviale. Ce corridor intègre une dimension environnementale forte, avec des objectifs de neutralité carbone, l'utilisation d'énergies renouvelables et une gestion optimisée des ressources en eau et en terres. Cette approche vise à démontrer que la transition écologique peut devenir un moteur de croissance économique durable pour le pays.
Réduire la dépendance aux importations
Le Ghana entend également mieux capter la demande intérieure. Le pays importe encore massivement des produits horticoles, notamment des fleurs lors de périodes de forte demande comme la Saint-Valentin, alors qu'il dispose du potentiel pour les produire localement. En structurant sa filière, le gouvernement espère non seulement accroître ses devises via l'export, mais aussi substituer les importations par une production nationale compétitive et mieux organisée.