Le Ghana mise sur la médecine traditionnelle validée scientifiquement pour renforcer son système de santé public

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 22 lectures
Le Ghana mise sur la médecine traditionnelle validée scientifiquement pour renforcer son système de santé public

Le vice‑ministre de la Santé, Prof. Dr Grace Ayensu‑Danquah, a appelé à une intégration accrue de la médecine traditionnelle, à condition qu’elle soit validée scientifiquement, afin d’enrichir le système de santé ghanéen et d’améliorer l’accès aux soins, surtout pour les maladies chroniques.

Visite officielle au Centre de sensibilisation (COA) et contrôle de la conformité GMP

Lors d’une tournée dans la région centrale, la haute responsable a inspecté les installations du Centre of Awareness (COA) Research and Manufacturing Company. L’objectif était de vérifier le respect des Bonnes Pratiques de Fabrication (GMP) et d’évaluer la capacité du laboratoire à produire des remèdes traditionnels répondant aux exigences de qualité et de sécurité. Le dialogue avec la direction et les équipes techniques a permis de souligner les exigences réglementaires nécessaires pour passer du secteur informel à une filière industrielle reconnue.

Le modèle chinois comme référence d’une double approche thérapeutique

Prof. Ayensu‑Danquah a rappelé l’expérience de la Chine, où médecine traditionnelle et médecine conventionnelle coexistent dans les hôpitaux publics et privés. Cette complémentarité, selon elle, offre un cadre de coopération entre praticiens, chercheurs et autorités sanitaires, tout en garantissant que les produits utilisés sont soumis à des contrôles rigoureux. Le Ghana chercherait à reproduire ce modèle afin d’élargir son offre de soins sans compromettre la sécurité des patients.

Opportunités pour le programme de soins primaires gratuits et les maladies non transmissibles

Le programme de soins primaires gratuits, axé sur la prévention et la promotion de la santé, constitue un terrain d’essai pour l’inclusion de la médecine traditionnelle. La vice‑ministre a identifié l’hypertension et le diabète comme des pathologies où des plantes médicinales, une fois validées, pourraient soutenir les traitements conventionnels. Cette approche viserait à réduire la charge des maladies non transmissibles, qui représente une part croissante des dépenses de santé au Ghana.

Engagement du secteur privé et perspectives de recherche

Le PDG du COA, Prof. (HC) Samuel Ato Duncan, a salué les initiatives gouvernementales, soulignant que son entreprise mène déjà des études sur les propriétés anticancéreuses et antivirales de certains extraits. Il a insisté sur la nécessité d’une collaboration continue entre les praticiens de la médecine traditionnelle, les instituts de recherche et les autorités publiques pour consolider la base de preuves et favoriser l’innovation. Selon lui, un cadre réglementaire clair permettrait aux entreprises locales de développer des produits compétitifs sur les marchés régionaux.

Vers une politique de santé intégrée et fondée sur la preuve

Le ministère de la Santé a annoncé qu’il poursuivrait ses travaux avec les parties prenantes afin de renforcer la recherche, l’assurance qualité, la fabrication et la régulation du secteur traditionnel. L’objectif à long terme est de créer un système de santé où les deux médecines cohabitent de façon sécurisée, guidées par des données scientifiques et des normes réglementaires harmonisées. Cette ambition, si elle se concrétise, pourrait positionner le Ghana comme un leader africain de la santé intégrative.

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