Le gouvernement ghanéen place la maîtrise des outils numériques au cœur de sa stratégie de développement économique. En encourageant une jeunesse capable de concevoir des solutions technologiques plutôt que de simples consommateurs, Accra ambitionne de répondre aux défis structurels du pays tout en renforçant l'employabilité des nouvelles générations.
Une nouvelle génération de bâtisseurs technologiques
Lors de la remise de diplômes aux 26 participants du projet « Digital Skills », soutenu par Plan International Ghana et Nokia, le ministre de la Communication et de l'Innovation, Samuel Nartey George, a souligné un changement de paradigme. Après 12 semaines de formation intensive et un mois de projet pratique, ces jeunes ont démontré leur capacité à appliquer la technologie à des problématiques communautaires réelles. Pour les autorités, cette transition du statut d'apprenant à celui de bâtisseur est l'indicateur clé de la réussite des politiques publiques de formation.
Le programme « One Million Coders » comme levier national
Pour massifier cette montée en compétences, le gouvernement déploie le programme « One Million Coders », qui comptabilisait 141 954 inscrits en août 2026. L'accent est mis sur des domaines à forte valeur ajoutée tels que la cybersécurité, l'analyse de données et l'intelligence artificielle. Afin d'ancrer cette dynamique dans le système éducatif, des accords ont été signés avec 12 universités pour intégrer ces cursus dès la première année, garantissant ainsi une meilleure adéquation entre la formation académique et les besoins du marché du travail.
L'impératif de l'inclusion numérique
La stratégie ghanéenne insiste particulièrement sur la parité, notamment dans les filières techniques. Le ministre a exhorté les 14 femmes diplômées de cette promotion à s'orienter vers l'entrepreneuriat technologique et l'ingénierie logicielle, affirmant que l'économie numérique du pays ne peut être inclusive sans une représentation féminine aux postes de décision. Cette vision est partagée par les partenaires privés comme Nokia, qui investit dans l'exposition des jeunes aux technologies émergentes, telles que la connectivité 5G, pour réduire la fracture numérique.
Vers une pérennisation des projets locaux
Au-delà de l'acquisition de compétences techniques, l'enjeu pour les autorités et les acteurs du développement est désormais la transformation de ces projets de fin d'études en entreprises durables. Les capteurs de projets présentés lors de la cérémonie ont reçu des financements pour soutenir leur développement. L'objectif est clair : favoriser une collaboration étroite entre l'État, le secteur privé et les institutions académiques pour que la maîtrise du numérique devienne un moteur concret de création d'emplois et de valeur ajoutée pour les communautés locales.