Le gouvernement ghanéen a lancé l'initiative « 24-Hour Economy Markets » pour transformer ses marchés traditionnels en centres commerciaux modernes et polyvalents. Ce projet d'envergure nationale vise à restructurer un secteur qui représente 60 % des ventes au détail du pays, tout en répondant aux défis persistants d'insalubrité et de congestion.
Un pilier économique à moderniser
Avec des centaines de marchés répartis sur 261 districts, ces espaces constituent le cœur battant de l'économie ghanéenne. Ils assurent la distribution de plus de 90 % des produits alimentaires de base et génèrent un chiffre d'affaires annuel estimé à 4 millions de dollars par site. Malgré leur importance, ces lieux ont évolué de manière organique, souffrant aujourd'hui d'un manque criant d'infrastructures, de systèmes de gestion des déchets inefficaces et d'une vulnérabilité accrue aux incendies.
Des infrastructures intégrées pour stimuler la croissance
L'initiative, pilotée par le ministère des Collectivités locales en collaboration avec les autorités municipales, prévoit de transformer ces sites en pôles d'activité permanents. Les nouveaux aménagements incluront des entrepôts, des installations de stockage frigorifique pour réduire les pertes post-récolte, ainsi que des services essentiels tels que des cliniques, des crèches, des postes de police et des services bancaires numériques. Cette modernisation est conçue pour favoriser l'emploi, notamment chez les jeunes et les femmes, tout en augmentant les recettes fiscales locales.
Formalisation et régulation du commerce
Au-delà de l'aspect physique, le projet ambitionne de formaliser le secteur informel grâce à la numérisation des registres des commerçants. Cette transition facilitera l'accès au crédit bancaire pour les petits entrepreneurs. Par ailleurs, cette restructuration offre un levier stratégique pour faire respecter la loi ghanéenne sur la promotion des investissements, qui réserve le commerce de détail aux citoyens ghanéens. En instaurant un système d'attribution transparent et tracé des étals, les autorités espèrent endiguer les pratiques de « fronting » — l'utilisation de prête-noms — et mieux contrôler la présence d'opérateurs étrangers dans les segments réservés aux nationaux.
Un enjeu de collaboration nationale
La réussite de cette transformation repose sur l'implication des acteurs locaux, notamment l'Union des commerçants du Ghana (GUTA). La participation active des associations professionnelles est jugée indispensable pour garantir que les nouvelles infrastructures répondent aux besoins réels des commerçants et assurent une gestion équitable des espaces de vente. Si elle est menée à bien, cette initiative pourrait durablement renforcer l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement nationale et sécuriser les revenus de milliers de familles ghanéennes.