Le gouvernement ghanéen ambitionne de transformer son secteur de la santé en lançant le projet du Legon Pharmaceutical Innovation Park, une zone industrielle de 2 000 acres située à Osudoku. Ce projet phare, piloté par la 24-Hour Economy Authority, vise à bâtir un écosystème complet pour réduire la dépendance du pays aux importations, qui représentent actuellement 70 % des besoins nationaux en médicaments et dispositifs médicaux.
Un écosystème intégré pour la souveraineté sanitaire
Le parc est conçu pour couvrir l'intégralité de la chaîne de valeur pharmaceutique, incluant la fabrication de médicaments, la production de dispositifs médicaux, la médecine traditionnelle ainsi que des activités de recherche et développement. En centralisant les infrastructures critiques — routes, électricité, eau et systèmes de traitement des effluents spécialisés — le projet entend lever les obstacles majeurs auxquels font face les industriels locaux, notamment l'accès au foncier et aux équipements de base. L'objectif est de renforcer la résilience du pays face aux crises sanitaires mondiales, en garantissant une autonomie de production pour des produits essentiels comme les kits de dépistage du VIH et du paludisme.
Un modèle de développement inclusif et partenarial
Pour sécuriser les 2 000 acres nécessaires, les autorités ont opté pour un modèle d'acquisition participatif. Plutôt que de simples compensations foncières, les propriétaires terriens et les communautés locales seront intégrés en tant qu'actionnaires du parc, leur permettant de percevoir des dividendes en plus des revenus locatifs. Cette approche vise à ancrer durablement le projet dans son territoire tout en favorisant l'acceptabilité sociale. Sur le plan économique, le parc ambitionne de générer jusqu'à 20 000 emplois au cours de ses cinq premières années d'exploitation.
Attractivité internationale et diversification thérapeutique
Le projet ne se limite pas aux acteurs locaux ; il cherche activement à attirer des investisseurs internationaux venus d'Inde, de Chine et des États-Unis, ainsi que la diaspora ghanéenne spécialisée dans le secteur de la santé. En s'inspirant des modèles indiens, le Ghana espère créer un pôle d'attractivité capable de répondre à l'évolution de sa charge de morbidité. Face à la montée des maladies non transmissibles comme le diabète et les accidents vasculaires cérébraux, le parc se positionne comme un levier stratégique pour produire localement des traitements adaptés, alléger les dépenses de santé publiques et conserver la valeur ajoutée économique sur le sol national.