Le gouvernement ghanéen a obtenu un prêt de 300 millions de dollars de la Banque mondiale pour transformer son système d’éducation secondaire et technique, avec un objectif clair : mettre fin au système de double filière d’ici 2027 et aligner les compétences des jeunes sur les besoins du marché du travail.
Un investissement massif pour moderniser l’éducation technique
Ce financement, alloué dans le cadre du projet STAR-J (Secondary Education Transformation for Access, Relevant and Results for Jobs), s’accompagne d’une contribution nationale de 31 millions de dollars, portant le budget total du programme à 331 millions. L’objectif est double : étendre l’infrastructure des établissements secondaires et techniques, tout en améliorant la qualité et la pertinence des formations dispensées. Le projet vise également à supprimer progressivement le système de double filière, mis en place pour absorber l’afflux d’élèves, mais qui a révélé des limites en termes d’efficacité pédagogique.
L’industrie au cœur de la refonte du TVET
Lors d’un dialogue avec les acteurs du secteur, le directeur général du Ghana TVET Service, le Dr Eric Kofi Adzroe, a souligné l’importance de renforcer les liens entre les institutions de formation et les entreprises. « Nous devons apprendre des pays développés qui ont réussi à structurer leur TVET », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de combler l’écart entre les compétences locales et celles requises par les économies avancées. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit la création d’un fonds dédié au TVET, destiné à combler les lacunes en équipements et infrastructures, et à faciliter les partenariats entre centres de formation et industries.
Le numérique et l’emploi des jeunes : un levier sous-exploité
Le président de la Commission nationale de planification (NDPC), le Dr Nii Moi Thompson, a mis en lumière un paradoxe ghanéen : seulement 28,5 % de la population utilise les TIC à des fins professionnelles, un chiffre révélateur d’un potentiel inexploité. Selon lui, cette faiblesse numérique représente à la fois un défi et une opportunité. « Ces statistiques sont mauvaises car elles montrent que nous passons trop de temps sur des activités non productives, mais elles sont bonnes car elles pointent vers des secteurs de croissance à exploiter », a-t-il analysé. Il a appelé les décideurs à exploiter le numérique pour créer des emplois et développer des compétences adaptées aux nouvelles réalités économiques.
L’exode des jeunes talents : un signal d’alerte pour les politiques publiques
Le Dr Thompson a également tiré la sonnette d’alarme sur l’aspiration croissante des jeunes Ghanéens à quitter le pays. Selon une enquête Afrobaromètre, 72 % des jeunes souhaitent émigrer, principalement pour des raisons professionnelles. « Nous ne pouvons plus nous contenter de faire croître notre économie. Nous devons faire croître l’espoir, et cela passe par la création d’emplois », a-t-il plaidé. Ce constat renforce l’urgence d’une réforme du système TVET, capable de rendre les formations plus attractives et de retenir les talents sur le sol national.