Le Ghana franchit une étape stratégique pour son industrie pharmaceutique en officialisant son adhésion au Mécanisme africain d'achat groupé (APPM). Cet accord, signé le 21 août 2026 entre le ministre de la Santé Kwabena Mintah Akandoh et le directeur général de l'Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, vise à transformer le secteur local en le connectant directement aux besoins des 55 États membres de l'Union africaine.
Un levier pour briser le plafond de verre du marché national
Jusqu'à présent, les fabricants ghanéens étaient limités par l'étroitesse du marché intérieur, qui compte environ 33 millions d'habitants. En intégrant l'APPM, le pays accède désormais à un marché continental de 1,4 milliard de consommateurs potentiels. Cette mutualisation de la demande africaine est conçue pour offrir une visibilité accrue aux producteurs locaux, leur permettant de sécuriser des débouchés pour des produits essentiels tels que les vaccins contre le tétanos, les sérums antitétaniques ou les antivenins, déjà produits localement depuis 2025.
Une stratégie nationale de souveraineté sanitaire
Cette adhésion s'inscrit dans la vision du président John Dramani Mahama, qui ambitionne de faire du Ghana un hub régional de production médicale. Le gouvernement a d'ores et déjà engagé des réformes pour privilégier les produits « made in Ghana » dans les marchés publics nationaux. Parallèlement, le pays travaille sur un système d'engagement d'achat anticipé (Advance Purchase Commitment) destiné à réduire les risques financiers pour les investisseurs privés souhaitant s'implanter dans le secteur manufacturier local.
Vers une opérationnalisation concrète en novembre
Si l'accord ouvre de nouvelles perspectives, le cadre réglementaire reste sous la supervision stricte de la Food and Drugs Authority (FDA) du Ghana, qui conservera ses prérogatives en matière d'autorisation de mise sur le marché, de contrôle des importations et de surveillance post-commercialisation. La prochaine étape cruciale se tiendra à Accra en novembre 2026. Lors d'une réunion régionale, le National Vaccine Institute (NVI) et l'Africa CDC réuniront décideurs, régulateurs et industriels pour définir le catalogue des fournitures, les spécifications techniques et les modalités pratiques de déploiement de ce mécanisme d'achat à l'échelle du continent.