La Cocoa Marketing Company (CMC) a officiellement lancé un modèle opérationnel continu de 24 heures au sein de ses infrastructures de réception et d'exportation. Cette réforme stratégique, articulée autour des axes « Offload 24 », « Load 24 » et « Export 24 », vise à supprimer les goulots d'étranglement logistiques qui freinaient jusqu'ici la chaîne de valeur du cacao ghanéen.
Optimisation des flux et réduction des coûts
Le passage aux trois-huit permet désormais de réceptionner le cacao des entreprises agréées, d'alimenter les usines de transformation locales et de finaliser les procédures d'inspection et de scellage sans interruption. Selon la direction de la CMC, cette transition répond à une nécessité de compétitivité : alors que les ports et les services douaniers fonctionnaient déjà en continu, la fermeture des entrepôts à 17 heures créait une rupture de charge coûteuse. En réduisant les temps d'attente des navires, cette mesure devrait mécaniquement diminuer les frais de surestaries et accélérer le paiement des producteurs via une émission plus rapide des reçus de prise en charge.
Sécurisation et déploiement opérationnel
Le déploiement débute par les sites à fort volume de Tema et Takoradi. La direction de la CMC souligne que cette montée en charge est conditionnée par des impératifs de sécurité stricts, incluant le renforcement de l'éclairage, de la surveillance et des conditions de travail nocturnes. L'efficacité de ce nouveau modèle dépendra toutefois de la synchronisation des autres acteurs de la chaîne, notamment les autorités portuaires et les services douaniers, afin d'éviter que les engorgements ne se déplacent simplement vers d'autres maillons de la logistique.
Vers une transformation locale accrue
Au-delà de la logistique, cette initiative s'inscrit dans une volonté politique plus large de captation de valeur. Le gouvernement ghanéen ambitionne de transformer localement au moins la moitié de la récolte nationale dès la saison 2026/2027. Ce virage industriel est soutenu par un cadre législatif récent garantissant aux agriculteurs au moins 70 % de la valeur brute du cacao à l'exportation. En plus des gains de productivité, les autorités tablent sur la création d'emplois directs dans les zones portuaires, allant des agents de contrôle qualité aux opérateurs logistiques, tout en renforçant la position du Ghana sur les marchés internationaux exigeants comme le Japon, la Chine et les États-Unis.