Le Ghana Infrastructure Investment Fund bascule dans le rouge avec une perte nette de 1,62 milliard de cédis en 2025

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 35 lectures
Le Ghana Infrastructure Investment Fund bascule dans le rouge avec une perte nette de 1,62 milliard de cédis en 2025

Le Ghana Infrastructure Investment Fund (GIIF) a essuyé une perte nette de 1,62 milliard de cédis en 2025, marquant un retournement brutal après un bénéfice de 2 milliards de cédis réalisé l'année précédente. Ce résultat, révélé par le rapport 2025 de la State Interests and Governance Authority (SIGA), illustre la fragilité de l'institution face à la volatilité du marché des changes et à l'alourdissement de ses charges opérationnelles.

L'impact déterminant des fluctuations monétaires

La performance financière du fonds a été sévèrement affectée par la dépréciation du cedi ghanéen. Alors que l'exercice 2024 avait bénéficié d'un gain de change de 1,25 milliard de cédis, l'année 2025 a engendré une perte de change de 1,87 milliard de cédis. Ce basculement, couplé à une baisse de 37,86 % du revenu total — tombé à 505,39 millions de cédis — a mécaniquement dégradé la rentabilité de l'organisme, dont la marge nette est passée de 96,76 % en 2024 à -119,16 % en 2025.

Explosion des coûts de gestion

Parallèlement à la contraction des revenus, le GIIF a dû faire face à une hausse significative de ses dépenses. Les coûts opérationnels ont bondi de 290,25 %, portés principalement par une augmentation de 301,57 % des frais généraux et administratifs, qui ont atteint 180,99 millions de cédis. Cette dynamique a réduit le bénéfice opérationnel de près de 58 % par rapport à l'exercice précédent, affaiblissant ainsi la capacité d'autofinancement du fonds.

Une structure de bilan sous tension

Le bilan global du GIIF s'est contracté de 25,5 %, totalisant 5,83 milliards de cédis en 2025 contre 7,83 milliards l'année précédente. Les capitaux propres ont suivi cette tendance baissière, perdant près de 30 % de leur valeur pour s'établir à 4,86 milliards de cédis. Malgré cette érosion, la SIGA souligne que le niveau d'endettement demeure dans des seuils de risque acceptables. Le fonds conserve une liquidité suffisante pour couvrir ses engagements à court terme, et a même enregistré une amélioration notable de sa trésorerie nette issue des activités opérationnelles, qui s'établit à 1,72 milliard de cédis.

Perspectives pour le financement des infrastructures

Le GIIF demeure un levier stratégique pour le développement des infrastructures nationales, intervenant dans des secteurs clés tels que l'énergie, le transport, l'agro-industrie et le logement social. Si la solidité financière à court terme semble préservée, la capacité du fonds à maintenir ses investissements dépendra de sa faculté à stabiliser ses revenus face aux aléas macroéconomiques et à maîtriser la progression de ses frais de structure.

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