Le ministre ghanéen des Finances, Cassiel Ato Forson, a réaffirmé la volonté du pays de refuser tout emprunt, même disponible, au nom d’une gestion rigoureuse de la dette et d’une prévention des risques financiers.
Une stratégie de financement sélective pour les projets d’infrastructure
Lors de la Cinquième Session de la Commission mixte Ghana-Chine sur la coopération économique, technique et commerciale, le Dr Forson a clairement indiqué que le pays adopterait désormais une approche plus stricte. Les financements ne seront accordés qu’aux projets justifiés économiquement, transparents dans leur attribution et capables de générer des revenus, de réduire les coûts ou de soutenir la croissance. Cette mesure vise à éviter une répétition des erreurs ayant conduit à la crise de la dette en 2022.
Parmi les secteurs concernés, les infrastructures routières, ferroviaires, les centrales électriques et les zones industrielles devront démontrer leur rentabilité. Selon le ministre, ces projets doivent impérativement améliorer la productivité, créer des emplois, augmenter les exportations et renforcer la capacité du Ghana à honorer ses engagements financiers.
Diversification des sources de financement et protection de la dette
En parallèle, Accra entend élargir ses partenaires financiers pour ne plus dépendre exclusivement de la Chine. Cette diversification s’accompagne d’un engagement ferme à maintenir la soutenabilité de la dette. Le gouvernement exclut tout retour aux conditions ayant précipité la crise de 2022, marquée par une dette publique insoutenable et des difficultés de remboursement.
Cette politique reflète une volonté de rompre avec les pratiques passées, où des emprunts massifs avaient été contractés sans évaluation rigoureuse de leur impact économique. Le Dr Forson a souligné que chaque projet financé devra désormais prouver sa viabilité avant toute signature.
Un signal fort aux partenaires internationaux
Cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs pays africains, dont le Ghana, font face à des pressions croissantes pour assainir leurs finances publiques. En refusant les prêts « faciles », le gouvernement envoie un message clair à ses partenaires, y compris la Chine, sur sa priorité : la stabilité macroéconomique plutôt que l’accès rapide à des fonds. Cette position pourrait influencer les futures négociations de financement et inciter d’autres États à adopter des critères similaires.