Le Ghana Health Service face à une explosion des contentieux médicaux chiffrés à 400 millions de cedis

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 17 lectures
Le Ghana Health Service face à une explosion des contentieux médicaux chiffrés à 400 millions de cedis

Le Ghana Health Service (GHS) fait face à une montée en flèche des contentieux médicaux, totalisant environ 400 millions de cedis sur la période 2023-2025. Cette tendance, marquée par une multiplication des plaintes pour négligence, erreurs de diagnostic ou défaut d'information, fragilise l'équilibre financier et la réputation des établissements de santé publics.

Une accélération préoccupante des litiges

Les données communiquées par la direction du GHS révèlent une progression rapide du nombre de dossiers judiciaires ou administratifs. De 40 cas recensés en 2023, le chiffre est passé à 44 en 2024, pour atteindre 89 cas en 2025. Ces 173 dossiers cumulés portent sur des allégations variées : erreurs de médication, retards de diagnostic, défauts de consentement éclairé ou encore décès survenus dans des conditions jugées substandard. Cette dynamique expose le système de santé à un risque financier majeur et à une érosion durable de la confiance des citoyens.

Le défi de la perception publique et de la prise en charge

La direction du GHS souligne un paradoxe : certains hôpitaux de référence sont désormais perçus par une partie de la population comme des « pièges à mort ». Cette image négative découle souvent de l'accueil de patients dont l'état de santé est déjà critique à leur arrivée dans les structures tertiaires. Pour contrer ce phénomène, les autorités sanitaires appellent à une meilleure éducation du public sur l'importance d'un recours précoce aux soins, tout en insistant sur la nécessité pour les praticiens de documenter rigoureusement les refus de traitement et les risques associés.

Vers une gestion proactive des risques juridiques

Face à cette situation, le GHS a lancé un programme de formation structuré destiné à ses officiers juridiques. L'objectif est de dépasser la simple réaction aux poursuites pour adopter une surveillance médico-légale systématique. Les responsables du service insistent sur le fait que la pratique médicale moderne ne peut plus se limiter à une dimension purement clinique. Elle exige désormais une conformité stricte aux normes éthiques et administratives, d'autant que les patients, mieux informés et plus conscients de leurs droits, ne sont plus des acteurs passifs du système de soins.

Renforcer la gouvernance hospitalière

L'enjeu pour le GHS est de transformer ses structures pour prévenir les défaillances évitables. En renforçant les capacités de ses équipes juridiques, l'institution espère identifier les risques de litiges avant qu'ils ne se cristallisent en contentieux coûteux. Cette stratégie de gouvernance vise à restaurer un dialogue serein entre les professionnels de santé et les usagers, en plaçant le respect des droits des patients au cœur de la stratégie de soins.

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