L’opposition ghanéenne met en cause les activités de change du Ghana Gold Board, une entité dont le mandat officiel se limite à l’or. Une possible dérive réglementaire qui interroge la Banque du Ghana.
Des transactions de change en dehors du cadre légal ?
Le Ghana Gold Board (GoldBod), institution publique chargée de l’achat et de la vente d’or, serait désormais impliqué dans des opérations de change, selon l’opposition. Le Parti de la Nouvelle Patrie (NPP) a révélé ces activités lors d’une conférence de presse le 1er septembre, évoquant des ventes et des enchères de devises menées par l’entité. Une expansion de ses missions qui soulève des questions sur sa légalité.
Un mandat flou et une absence de licence
Le Ghana Gold Board Act, texte fondateur de l’institution, ne prévoit aucune attribution en matière de transactions de change, rappelle le NPP. De plus, GoldBod ne disposerait d’aucune licence délivrée par la Banque du Ghana pour exercer de telles activités. Le parti d’opposition, dirigé par le Dr Mohammed Amin Adam, ancien ministre des Finances, exige des clarifications urgentes de l’autorité monétaire.
« Si ces activités ont lieu, la Banque du Ghana doit expliquer sur quelle base juridique elles s’appuient », a-t-il déclaré. Cette mise en cause s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des programmes d’achat d’or du pays, notamment leur structure financière et leur performance.
Risques pour la stabilité monétaire et financière
L’implication d’une entité publique dans des opérations de change non encadrées pourrait fragiliser la stabilité du système financier ghanéen. La Banque du Ghana, garante de la politique monétaire et de la régulation des changes, se retrouve au cœur du débat. Une éventuelle régularisation de ces activités par l’institution pourrait être interprétée comme une dilution de ses prérogatives, tandis qu’une interdiction renforcerait les tensions entre acteurs publics et privés du secteur.
Cette affaire intervient alors que le Ghana, confronté à des défis économiques persistants, cherche à optimiser ses ressources minières. La question de la gouvernance de l’or et des devises devient ainsi un enjeu central pour les autorités et les investisseurs.