Le Ghana Gold Board (GoldBod) a formellement démenti toute délégation des prérogatives de la Banque centrale du Ghana (BoG) en matière de régulation du marché des changes. Cette mise au point intervient après des interprétations erronées des déclarations de son directeur général, Sammy Gyamfi, devant la commission des comptes publics du Parlement.
Un cadre opérationnel distinct de la régulation
La confusion est née d'une méprise sur la nature des activités du GoldBod. L'organisme a précisé que ses interventions sur le marché des changes se limitent à la vente de dollars américains aux banques commerciales en échange de cedis, dans le cadre de son mécanisme de vente au comptant. Cette activité, loin de constituer une prise de contrôle des fonctions régaliennes de la Banque centrale, est strictement encadrée par la loi sur le Ghana Gold Board de 2025 (Act 1140). Les fonds en monnaie locale ainsi récupérés servent exclusivement à financer l'achat d'or auprès d'agrégateurs agréés.
Une coordination validée par la Banque centrale
Le GoldBod a souligné avoir sollicité et obtenu l'aval de la Banque centrale avant la mise en œuvre de ce dispositif. Cette collaboration est confirmée par le gouverneur de la BoG, le Dr Johnson Asiama, qui a réaffirmé que l'institution monétaire n'a nullement renoncé à ses responsabilités. Selon lui, la répartition des rôles est claire : tandis que le GoldBod assure une fonction d'intermédiation et d'apport de liquidités sur le marché, la Banque centrale conserve le pilotage stratégique de la politique monétaire.
La stabilité du marché comme priorité commune
La Banque centrale maintient sa capacité d'intervention directe sur le marché des changes en cas de volatilité excessive menaçant la stabilité des échanges. L'objectif affiché par les autorités monétaires est de privilégier la constitution de réserves de change, tout en laissant au GoldBod le soin de soutenir l'offre domestique. Cette complémentarité, selon les deux entités, permet de fluidifier le marché sans pour autant diluer l'autorité de la Banque centrale, qui demeure le seul régulateur habilité à garantir l'ordre sur le marché financier national.