Le projet du gouvernement ghanéen de solliciter une adhésion au bloc des BRICS fait l'objet de vives discussions au sein de la classe politique nationale. Alors que l'exécutif mise sur cette alliance pour diversifier ses partenariats internationaux, des voix s'élèvent pour privilégier un statut de partenaire plutôt qu'une intégration pleine et entière.
Une stratégie de diversification diplomatique
L'annonce par le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, de la volonté du Ghana de rejoindre les BRICS s'inscrit dans une dynamique de renforcement des liens avec les économies émergentes du Sud global. L'objectif affiché par les autorités est clair : élargir les opportunités économiques du pays et consolider la coopération internationale en s'affranchissant des axes traditionnels. Cette démarche vise à offrir au Ghana de nouveaux leviers de croissance dans un contexte mondial en pleine mutation.
Les réserves sur les critères d'adhésion
Face à cette ambition, David Boakye, secrétaire régional du New Patriotic Party (NPP) pour la région de Bono East, appelle à la prudence. Il souligne que l'intégration au sein d'un bloc aussi structuré ne doit pas être précipitée sans une évaluation rigoureuse des implications. M. Boakye s'interroge notamment sur la capacité du Ghana à répondre aux critères d'admission stricts imposés par les membres actuels, comparant le processus à celui d'organisations internationales comme l'OTAN, où l'approbation des pairs et le respect de standards précis sont déterminants.
Le modèle du partenariat comme alternative
Plutôt qu'une adhésion formelle, le responsable politique suggère au gouvernement d'explorer des arrangements de partenariat plus flexibles. En citant les exemples variés de participation de pays comme le Nigeria, l'Ouganda, l'Égypte, l'Éthiopie et l'Afrique du Sud, il met en lumière la diversité des modes d'engagement possibles avec le bloc. Pour M. Boakye, il est impératif que l'exécutif apporte davantage de transparence sur sa stratégie et justifie la viabilité économique d'une telle démarche, compte tenu des disparités structurelles entre les économies des pays candidats et celles des membres fondateurs.