Le Ghana se retrouve sous une pression croissante alors que l'opposition parlementaire dénonce une transformation préoccupante du pays en plaque tournante du trafic international de drogue. En moins de deux ans, les saisies de stupéfiants liées au territoire ghanéen ont franchi la barre symbolique du milliard de dollars, soulevant des questions critiques sur la porosité des frontières et l'efficacité des enquêtes en cours.
Une série de saisies record sur le sol national
Les autorités ont multiplié les interceptions d'envergure, révélant des méthodes de dissimulation sophistiquées. En mars 2025, plus de 3,3 tonnes de cocaïne, cachées sous une cargaison de sable dans un camion, ont été saisies à Cape Coast pour une valeur estimée à 350 millions de dollars. À cela s'ajoute une autre saisie de 150 millions de dollars sur l'axe Takoradi-Cape Coast, ainsi qu'une opération au port de Tema en août 2026, où 866 colis de cocaïne étaient dissimulés dans des sacs de gari. Ces événements illustrent l'utilisation intensive des infrastructures logistiques du pays par des réseaux criminels organisés.
Des ramifications internationales et des failles sécuritaires
L'ampleur du phénomène dépasse les frontières ghanéennes. Des cargaisons en provenance du Ghana ont été interceptées à l'étranger, notamment 320 kg de méthamphétamine saisis par les douanes australiennes en juin 2026 et près de 3,9 tonnes de cocaïne découvertes par les autorités françaises à Dunkerque en septembre 2026. Parallèlement, des incidents suspects, tels que l'atterrissage d'un avion non déclaré à l'aéroport international de Kotoka ou la libération controversée du navire MV Sankofa — ultérieurement arrêté au Sénégal pour trafic de drogue —, alimentent les critiques sur la gestion des points d'entrée stratégiques.
L'opposition exige une enquête parlementaire indépendante
Face à ce constat, le député Ntim Fordour, membre de la commission de la Défense et de l'Intérieur, pointe du doigt l'impunité dont semblent jouir les commanditaires. Dans l'affaire du camion intercepté à Pedu Junction, les investigations se limitent pour l'heure aux exécutants de second rang, laissant les financiers présumés hors de portée de la justice. L'opposition exige désormais la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire indépendante. Elle demande que les ministres de tutelle et les responsables des agences de sécurité rendent des comptes sur ces failles opérationnelles, soulignant que la réputation internationale du Ghana et la sécurité de sa jeunesse sont en jeu.