Une affaire de trafic international de stupéfiants d'une ampleur inédite place le Ghana sous le feu des projecteurs judiciaires. Quatre individus, dont une esthéticienne d'Accra, sont actuellement poursuivis pour leur implication présumée dans l'exportation de 3,9 tonnes de cocaïne, une cargaison interceptée par les autorités françaises au port de Dunkerque.
Une saisie record dissimulée sous des déchets plastiques
L'affaire a débuté en septembre dernier lors de l'inspection d'un conteneur de 40 pieds en provenance du Ghana. Officiellement déclaré comme transportant des déchets plastiques, le chargement dissimulait en réalité une quantité massive de cocaïne, estimée à environ 225 millions d'euros. Cette découverte a déclenché une enquête approfondie menée par la Narcotics Control Commission (NACOC) du Ghana, visant à démanteler les réseaux logistiques ayant permis l'expédition de cette marchandise illicite depuis le territoire ghanéen.
Des interpellations et des saisies matérielles
Suite à l'ouverture de l'enquête, quatre suspects ont été arrêtés entre le 12 et le 14 septembre dans différents quartiers d'Accra, notamment à Ashaley Botwe et East Legon. Il s'agit de Jessica Hartog, Desmond Koranteng Curiel, Musah Attah et Kweku Otchere. Lors des perquisitions menées à leur domicile, les autorités ont mis la main sur des éléments matériels significatifs : trois armes à feu, des munitions, quatre véhicules de luxe, ainsi que divers passeports et des sommes d'argent liquide. Ces saisies renforcent les soupçons des enquêteurs sur l'organisation structurée du réseau.
Une procédure judiciaire en cours à la Haute Cour d'Accra
Lors de leur comparution devant la Haute Cour d'Accra, les quatre prévenus ont plaidé non coupable des chefs d'accusation de complot et d'exportation de stupéfiants. La justice ghanéenne a rejeté leurs demandes de mise en liberté sous caution, ordonnant leur maintien en détention jusqu'à la prochaine audience fixée au 13 octobre 2026. Parallèlement, les autorités recherchent activement un cinquième suspect, le ressortissant néerlandais Jos Leijdekkers, surnommé « Bolle Jos ». L'enjeu pour les enquêteurs est désormais de déterminer les complicités internes ayant permis le passage d'une telle cargaison à travers les contrôles portuaires, tout en respectant la présomption d'innocence des personnes actuellement poursuivies.