Face à la dégradation croissante des écosystèmes ghanéens, des experts appellent à une mobilisation citoyenne et institutionnelle pour intensifier la reforestation. Cette stratégie est présentée comme un levier indispensable pour atténuer les effets du changement climatique et préserver les ressources naturelles du pays.
L'impact des activités humaines sur le couvert forestier
Le Dr Owusu Fordjour Aidoo, chercheur à l'Université de l'Environnement et du Développement Durable (UESD), souligne que la perte continue de forêts est largement alimentée par l'exploitation forestière illégale, l'orpaillage clandestin et les feux de brousse. Ces pratiques dégradent non seulement la qualité de l'air en réduisant la capacité de séquestration du carbone, mais menacent également la stabilité des cours d'eau et la biodiversité. Selon l'expert, la déforestation actuelle aggrave directement les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les inondations, les sécheresses et la hausse des températures, qui pèsent déjà sur les moyens de subsistance des communautés locales.
Au-delà de la plantation : l'impératif de la survie des arbres
L'enjeu ne réside plus seulement dans le nombre d'arbres plantés, mais dans leur taux de survie. Le Dr Aidoo insiste sur la nécessité d'un suivi rigoureux incluant l'arrosage, l'entretien régulier et la protection contre les menaces humaines et animales. Planter sans garantir la pérennité des jeunes pousses constitue, selon lui, un effort vain. Il préconise donc une approche où la protection des forêts existantes est traitée avec la même rigueur que les nouveaux programmes de reforestation, afin de maintenir l'équilibre écologique nécessaire à l'agriculture et à la santé publique.
Une responsabilité collective et intergénérationnelle
Pour transformer cette dynamique, l'appel est lancé à l'ensemble des forces vives du pays : autorités traditionnelles, institutions religieuses, entreprises et organisations de la société civile. L'objectif est de faire de la reforestation une pratique nationale constante plutôt qu'une activité ponctuelle liée à des campagnes saisonnières. Le Dr Aidoo exhorte particulièrement la jeunesse à s'impliquer activement, rappelant que les décisions environnementales prises aujourd'hui détermineront la qualité de vie des générations futures. Parallèlement, il appelle les agences gouvernementales à renforcer l'application des lois environnementales pour dissuader les pratiques destructrices et garantir une gestion durable des terres.