Face à la persistance des prix élevés du diesel, oscillant entre 17,55 et 18,99 GH¢, le Dr Mohammed Amin Adam, ancien ministre des Finances, exhorte le gouvernement ghanéen à revoir en profondeur sa politique fiscale sur les produits pétroliers. Cette intervention souligne l'insuffisance des mesures temporaires actuelles, dont l'impact sur le pouvoir d'achat des consommateurs et les coûts de production industriels est largement neutralisé par de nouvelles taxes.
L'érosion des mesures de soutien
Le gouvernement avait initialement instauré une réduction de 2 GH¢ par litre pour soulager les usagers. Cependant, cette initiative est jugée inopérante par le Dr Amin Adam, qui souligne qu'une nouvelle taxe d'un montant de 1 GH¢ par litre, imposée parallèlement, a annulé la moitié du bénéfice escompté. Cette dynamique fiscale, couplée à une hausse récente des prélèvements sur le fioul lourd, alourdit considérablement les charges opérationnelles des entreprises et des producteurs d'énergie.
La vulnérabilité face au marché des changes
Au-delà de la fiscalité, la pression sur les prix à la pompe est exacerbée par la fragilité de la monnaie nationale. Le cedi a enregistré une dépréciation de 12 % depuis le début de l'année, impactant directement le coût des importations pétrolières. Comme le Ghana dépend des marchés internationaux pour son approvisionnement, la combinaison de la volatilité des cours mondiaux et de la faiblesse de la devise locale crée un effet ciseau qui rend les interventions ponctuelles du gouvernement structurellement insuffisantes.
Vers une réforme fiscale durable
Pour répondre durablement à cette crise, le Dr Amin Adam préconise une refonte globale du cadre fiscal pétrolier plutôt que le maintien de mesures temporaires. Il appelle l'exécutif à envisager la suspension, voire l'abolition, des taxes les plus récentes qui pèsent sur les coûts de production. En s'appuyant sur des précédents historiques de gestion fiscale, il insiste sur la nécessité d'une stratégie cohérente pour protéger les consommateurs et soutenir la compétitivité du tissu industriel ghanéen face à l'inflation énergétique.