Face aux enjeux de souveraineté alimentaire et de sécurité technologique, le gouvernement ghanéen intensifie ses exigences de transparence. La ministre de l'Environnement, de la Science et de la Technologie, Dr Zanetor Agyeman-Rawlings, a appelé les autorités de régulation à renforcer la communication publique et le contrôle des produits issus des biotechnologies.
Exigence de traçabilité pour les produits OGM
La ministre a souligné le droit fondamental des citoyens à une information claire concernant la présence d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans leur alimentation. Elle préconise un étiquetage systématique qui ne se limiterait pas aux seules denrées destinées à l'exportation, mais inclurait également le marché intérieur. Cette démarche vise à dissiper la méfiance du public, née d'un manque de visibilité sur les décisions de la National Biosafety Authority (NBA), qui a récemment validé 14 événements de cultures génétiquement modifiées en mai 2024.
Modernisation de la communication institutionnelle
Pour Dr Agyeman-Rawlings, la NBA doit impérativement diversifier ses canaux de diffusion. Au-delà des publications officielles traditionnelles, l'institution est encouragée à investir les réseaux sociaux pour vulgariser les applications des biotechnologies, qu'il s'agisse d'agriculture, de pharmacie ou de vaccins. Par ailleurs, la ministre a suggéré l'étude de zones de culture dédiées aux OGM. Cette mesure permettrait de faciliter le suivi sanitaire et de limiter les risques de contamination croisée avec les variétés indigènes, un point de vigilance majeur pour la préservation de la biodiversité locale.
Renforcement du contrôle des matières radioactives
Parallèlement au dossier des OGM, la ministre a interpellé la Nuclear Regulatory Authority (NRA) sur la gestion des matières radioactives. Jugeant les cycles d'inspection actuels, allant d'un à trois ans, insuffisants au regard des risques encourus, elle a plaidé pour une fréquence accrue des contrôles sur le terrain. La NRA, qui a déjà délivré 312 permis pour la gestion de dispositifs radioactifs, attend actuellement le vote de sept règlements soumis au Parlement pour consolider son cadre d'action.
Souveraineté scientifique et rétention des talents
Le développement des ambitions nucléaires du Ghana repose également sur la constitution d'un capital humain spécialisé. La ministre a insisté sur la nécessité d'une collaboration étroite entre les autorités de régulation et les institutions universitaires. L'objectif est de former et, surtout, de retenir les experts nationaux sur le sol ghanéen afin de garantir la pérennité et la sécurité des programmes de technologie nucléaire à long terme.