Le président ghanéen John Dramani Mahama a vivement critiqué le manque de diligence des entreprises et entités publiques concernant la publication de leurs états financiers. En 2025, seuls 61 organismes ont respecté l'échéance légale du 30 avril, révélant des failles persistantes dans la reddition de comptes et la gestion des ressources nationales.
Un bilan de conformité préoccupant
Selon le Rapport sur la propriété de l'État 2025, le paysage institutionnel affiche des lacunes significatives. Sur les 162 entités suivies, si 108 ont pu produire des rapports basés sur des données auditées, une large majorité a échoué à respecter les délais réglementaires. De nombreuses structures se sont contentées de soumettre des comptes de gestion ou des documents provisoires, une pratique jugée inacceptable par le chef de l'État pour garantir une supervision efficace des deniers publics.
La fin de la gestion administrative routinière
Pour le président Mahama, la transparence financière ne saurait être traitée comme une simple formalité bureaucratique. Il a rappelé aux conseils d'administration et aux directions que les contrats de performance, les rapports trimestriels et les assemblées générales constituent les piliers fondamentaux de la responsabilité publique. Sans chiffres audités, il devient impossible pour l'État de justifier la création de valeur publique ou d'évaluer avec précision la santé financière de ses institutions.
Le rôle stratégique de la SIGA
L'Autorité des intérêts et de la gouvernance de l'État (SIGA) se trouve désormais en première ligne pour redresser cette situation. Le professeur Michael Kpessa-Whyte, directeur général de l'institution, a souligné que le non-respect des obligations de reporting entrave la capacité de l'État à anticiper les risques opérationnels et financiers. En l'absence de données fiables et transmises dans les temps, les mécanismes de contrôle préventif sont neutralisés, empêchant toute action corrective rapide. Le gouvernement a donc ordonné une amélioration immédiate de la qualité et de la ponctualité des informations financières transmises à la SIGA.