Le Ghana et la Millennium Challenge Corporation (MCC) ont entamé des discussions à New York pour évaluer les perspectives d'un nouveau partenariat de développement. Cette rencontre entre les responsables de la Millennium Development Authority (MiDA) et l'agence américaine marque une volonté commune de capitaliser sur l'héritage des deux précédents programmes conclus en 2022.
Un bilan scruté pour de nouveaux engagements
La MCC a clairement indiqué que toute future collaboration dépendrait d'une évaluation rigoureuse du parcours ghanéen. Jason Small, vice-président par intérim des opérations de la MCC, a souligné que l'agence examine désormais la pérennité des réformes entreprises et l'impact réel des investissements passés. Ce processus inclut une analyse des échecs, notamment la résiliation de la concession ECG-PDS en 2019 qui avait conduit à l'annulation d'une partie du financement du second Compact. Pour le Ghana, l'enjeu est de démontrer sa capacité à maintenir les acquis institutionnels et à offrir un environnement propice aux investissements américains.
L'énergie comme levier de croissance régionale
Le secteur énergétique demeure la priorité stratégique pour cette potentielle nouvelle phase. Alexander Kofi-Mensah Mould, PDG de la MiDA, a mis en avant le potentiel des infrastructures existantes pour renforcer le réseau électrique national et favoriser l'intégration régionale. Les discussions portent notamment sur le développement d'infrastructures gazières reliant le Ghana au Nigeria, un projet visant à sécuriser l'approvisionnement en électricité à travers l'Afrique de l'Ouest. Des projets d'interconnexion électrique avec la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, déjà étudiés par le passé, pourraient également être réévalués selon leur viabilité actuelle.
Vers un nouveau cadre d'évaluation américain
La MCC a introduit un prisme d'analyse plus large pour ses futurs partenariats, intégrant désormais la notion de « retours américains ». Ce cadre évalue les opportunités d'exportations américaines, l'accroissement des investissements directs et le développement de chaînes d'approvisionnement en minerais critiques. Cette approche pourrait transformer la nature des discussions, le Ghana cherchant à valoriser ses ressources naturelles et sa position stratégique pour attirer des capitaux. Si aucune décision n'est encore actée, ces échanges permettent à la MiDA de positionner le Ghana comme un partenaire capable de porter des programmes à fort impact, tout en s'appuyant sur l'expérience accumulée lors des deux décennies de collaboration avec l'agence américaine.