Le gouvernement ghanéen s’apprête à encadrer légalement l’installation des bornes de recharge pour véhicules électriques (VE) afin d’éviter une saturation du réseau électrique national, alors que l’adoption des VE explose.
Une régulation pour éviter les black-outs
Le ministre de l’Énergie et de la Transition verte, Dr Abdulai Jinapor, a annoncé lors du Future of Energy Conference (FEC) 2026 à Accra la préparation d’une législation visant à imposer aux opérateurs de bornes de recharge l’obtention d’une autorisation préalable de la Commission de l’énergie. Cette mesure vise à garantir que le réseau local dispose d’une capacité suffisante pour absorber la demande croissante, notamment celle générée par les technologies de recharge rapide.
Selon le ministre, l’essor non régulé des stations de recharge pourrait fragiliser l’infrastructure électrique existante, en particulier les transformateurs, et perturber l’approvisionnement en électricité des autres consommateurs. « Dès qu’une borne est installée, on observe des pannes de transformateurs », a-t-il alerté, soulignant l’urgence d’agir.
L’équation entre mobilité verte et industrialisation
Le Ghana enregistre une adoption croissante des véhicules électriques, avec des économies estimées à 40 % sur les coûts de carburant et d’entretien pour les utilisateurs. Cependant, cette transition vers la mobilité électrique s’accompagne d’une pression accrue sur le système électrique, déjà sollicité par les industries, les mines et les centres de données. « Comment fournir une énergie fiable pour l’industrialisation tout en déployant des VE ? », s’interroge le ministre.
Pour répondre à ce défi, le gouvernement mise sur un renforcement et une expansion du réseau électrique, tout en poursuivant des réformes sectorielles pour améliorer la fiabilité, la prévisibilité des tarifs et la qualité de l’électricité. L’objectif est clair : intégrer les nouvelles technologies sans compromettre l’approvisionnement des consommateurs existants.
Une transition énergétique sous haute surveillance
Le thème du FEC 2026, « Alimenter la transformation industrielle de l’Afrique : des systèmes énergétiques pour l’ajout de valeur et la compétitivité », reflète l’enjeu central de cette régulation. Les autorités ghanéennes insistent sur la nécessité d’une planification rigoureuse pour concilier les besoins des VE avec ceux des secteurs productifs. « L’industrialisation exige une électricité à grande échelle, fiable et abordable », a rappelé Dr Jinapor, soulignant que la politique énergétique doit soutenir la compétitivité industrielle.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transition énergétique en Afrique, où la mobilité électrique et l’industrialisation doivent coexister sans menacer la stabilité des réseaux. Le Ghana pourrait ainsi servir de modèle pour d’autres pays du continent confrontés aux mêmes défis.