Pour stimuler l'industrialisation du Ghana, le pays doit opérer un changement de paradigme en délaissant le modèle exclusif de la petite exploitation au profit de l'agriculture à grande échelle. Cette transition, portée par des investissements structurés, est présentée comme le levier indispensable pour garantir la qualité, la régularité des approvisionnements et la compétitivité sur les marchés internationaux.
Au-delà du modèle de la petite exploitation
Le débat sur la souveraineté alimentaire et le développement industriel ghanéen se cristallise autour de la nécessité de dépasser le modèle traditionnel des petits exploitants. Selon Kojo Akoto Boateng, agriculteur commercial et intervenant lors du récent Financial Dialogue organisé par Ecobank et Joy Business, la dépendance aux méthodes artisanales, souvent limitées par une dépendance aux aléas climatiques et une distribution fragmentée d'intrants, freine la montée en puissance du secteur. Pour transformer l'économie, l'agriculture doit devenir une activité scientifique, structurée et pilotée par une logique de marché.
Le levier de l'emploi et de l'exportation
L'argument central en faveur des fermes de grande taille repose sur leur capacité à générer des emplois de masse et à alimenter les chaînes de valeur industrielles. Des entreprises comme Golden Exotics, qui emploie plus de 5 000 personnes dans la production de bananes destinées à l'exportation, ou encore Miro Forestry, avec ses effectifs répartis entre le Ghana et la Côte d'Ivoire, illustrent le potentiel de ce modèle. Ces structures permettent non seulement de stabiliser l'offre pour les industries locales, mais aussi de générer des devises étrangères essentielles à la balance commerciale du pays.
Une stratégie de financement sur cinq ans
La réussite de cette transition industrielle nécessite une mobilisation financière d'envergure. L'appel est lancé aux institutions bancaires, au gouvernement et au secteur privé pour qu'ils unissent leurs forces afin de sécuriser des financements substantiels sur les cinq prochaines années. L'objectif est de permettre aux exploitations de moyenne et grande taille d'investir dans des infrastructures critiques, notamment des systèmes d'irrigation modernes, indispensables pour s'affranchir de la dépendance aux pluies saisonnières et assurer une production constante tout au long de l'année.