Le projet d'une économie fonctionnant 24 heures sur 24 au Ghana ne doit pas se limiter à des investissements dans les infrastructures physiques. Duncan Amoah, secrétaire exécutif de la Chambre des consommateurs de pétrole (COPEC), appelle l'État à réorienter sa stratégie vers la sécurisation des espaces publics et la mise en place d'incitations économiques pour favoriser l'activité nocturne.
L'inutilité des infrastructures sans environnement propice
Pour Duncan Amoah, la construction de marchés ultra-modernes par le gouvernement constitue une mauvaise allocation des ressources publiques. Il soutient que bâtir des structures physiques ne garantit en rien leur fréquentation si les habitudes culturelles et les conditions de sécurité ne sont pas préalablement transformées. Selon lui, investir dans des bâtiments sans s'attaquer aux freins structurels risque de mener à un gaspillage de fonds publics, ces infrastructures risquant de rester inexploitées une fois la nuit tombée.
La sécurité et l'éclairage public comme piliers
Le principal obstacle identifié à l'extension des activités économiques après 18 heures demeure la peur de l'insécurité. M. Amoah insiste sur la nécessité d'un déploiement accru des forces de police, suggérant de doubler les effectifs nocturnes pour rassurer les citoyens. Parallèlement, il souligne l'importance cruciale de l'éclairage public, non seulement dans les quartiers résidentiels mais aussi le long des grands axes routiers, afin de restaurer la confiance des consommateurs et des commerçants.
Stimuler la demande par des mesures incitatives
Au-delà de la sécurité, le passage à une économie de 24 heures nécessite, selon la COPEC, une approche politique volontariste. L'idée est de rendre les 12 heures nocturnes économiquement productives en encourageant les entreprises, telles que les pharmacies, les salons de coiffure et les commerces de détail, à adapter leurs offres. M. Amoah propose notamment la mise en place d'incitations tarifaires, où certains biens et services seraient proposés à des prix réduits durant les heures creuses de la nuit, afin de stimuler la demande et d'ancrer durablement de nouvelles habitudes de consommation chez les Ghanéens.