Face aux ambitions nucléaires du Ghana, la ministre de l'Environnement, de la Science et de la Technologie, Dr Zanetor Agyeman-Rawlings, tire la sonnette d'alarme sur la fuite des cerveaux au sein de la Commission ghanéenne de l'énergie atomique (GAEC). Elle souligne que la pérennité des projets nationaux, notamment en matière de production d'énergie, dépend directement de la capacité de l'État à retenir ses experts hautement qualifiés.
Un enjeu de souveraineté scientifique
La ministre insiste sur la rareté des compétences dans le domaine nucléaire, précisant qu'il faut en moyenne quinze ans de formation et d'expérience pour qu'un scientifique soit pleinement opérationnel. Pour Dr Agyeman-Rawlings, l'investissement dans les infrastructures lourdes est vain sans une politique de rétention du capital humain. Elle a ainsi enjoint la direction de la GAEC à engager un dialogue social immédiat avec le personnel pour identifier les causes profondes de cette attrition et proposer des solutions correctives.
Protection du foncier et des actifs stratégiques
Au-delà du défi humain, la ministre a exprimé sa vive préoccupation concernant l'empiétement sur les terrains appartenant à la Commission. Elle a ordonné un audit complet des propriétés foncières et des actifs des agences sous sa tutelle, interdisant toute cession sans consultation préalable. Cette mesure vise à préserver les espaces nécessaires aux futures extensions des installations scientifiques, des actifs jugés difficiles, voire impossibles, à remplacer une fois perdus.
Vulgarisation et sécurité publique
La stratégie ministérielle intègre également un volet de sensibilisation accrue. Dr Agyeman-Rawlings a plaidé pour une meilleure communication publique sur les activités de la GAEC, allant de la médecine nucléaire à la surveillance des radiations dans les zones minières. L'objectif est de protéger les populations vivant à proximité des sites sensibles tout en démystifiant les technologies utilisées, notamment lors de la transition vers des systèmes à faisceau d'électrons.
Inspiration des nouvelles générations
Pour assurer la relève, la ministre propose de renforcer les liens entre la recherche et l'éducation. Elle suggère d'ouvrir les installations de la GAEC aux élèves les plus brillants des concours nationaux de mathématiques et de sciences. Cette initiative vise à susciter des vocations dans les domaines de la technologie spatiale et de la recherche nucléaire, garantissant ainsi que le Ghana dispose, à long terme, d'une expertise locale capable de piloter ses ambitions technologiques.