Le système électrique ghanéen traverse une zone de turbulences marquée par des coupures de courant nationales à répétition au cours du mois d'août. Face à cette instabilité, l'Africa Centre for Energy Policy (ACEP) appelle à une enquête technique approfondie sur les lignes de transmission 330kV, dont les déclenchements intempestifs menacent la résilience de l'ensemble du réseau.
La fragilité du réseau haute tension
Le récent black-out national, attribué par la Ghana Grid Company Limited (GRIDCo) à un incident sur les lignes de transmission, souligne une vulnérabilité structurelle. Selon Benjamin Boakye, directeur exécutif de l'ACEP, la réhabilitation du poste électrique d'Akosombo, bien que nécessaire pour éviter un effondrement total du système, ne constitue pas une solution pérenne. Le problème réside dans la fréquence des déclenchements sur les lignes 330kV, qui agissent comme le maillon faible de l'infrastructure nationale.
L'effet domino sur le réseau national
Le mécanisme de défaillance est identifié : lorsqu'une ligne 330kV subit un déclenchement, la charge électrique est instantanément transférée vers des lignes de plus faible capacité. Ce report de charge provoque un effet de cascade qui peut entraîner une coupure généralisée. L'enjeu est donc d'isoler ces incidents techniques avant qu'ils ne se propagent à l'ensemble du réseau. L'ACEP insiste sur le fait que, sans une intervention ciblée sur ces lignes haute tension, le risque de pannes massives restera élevé, indépendamment des réparations effectuées sur les postes de transformation.
Audit technique et investissements ciblés
Pour résoudre durablement ces dysfonctionnements, l'ACEP préconise un audit complet des systèmes de mise à la terre et des dispositifs de protection. Les causes potentielles, allant de défauts techniques mineurs à des problèmes majeurs de grounding, doivent être isolées par une expertise rigoureuse. Parallèlement, Benjamin Boakye plaide pour des investissements stratégiques permettant d'isoler automatiquement les centrales électriques lors de perturbations. Cette capacité d'isolation est jugée indispensable pour empêcher qu'un incident localisé ne se transforme en crise énergétique nationale, garantissant ainsi une meilleure fiabilité de la fourniture d'électricité pour les citoyens et les entreprises du pays.