Le gouvernement ghanéen a officiellement présenté une stratégie économique articulée autour de cinq piliers fondamentaux, visant à consolider les récents acquis macroéconomiques du pays. Présenté par le vice-ministre des Finances, Thomas Nyarko Ampem, ce plan ambitionne de transformer la stabilité actuelle en une résilience durable face aux chocs extérieurs futurs.
Renforcement des buffers et résilience financière
Face à l'incertitude des marchés mondiaux, le gouvernement place la constitution de réserves en tête de ses priorités. Avec un taux de croissance du PIB de 6,4 % au premier trimestre 2026 et une inflation ramenée à 4,6 % en juillet 2026, le pays dispose d'un espace de manœuvre inédit. L'objectif est d'atteindre 15 mois de couverture des importations d'ici fin 2028 via le programme national d'accumulation de réserves. Parallèlement, la réduction du ratio dette/PIB, passé de 61,8 % en 2024 à 45 % en juin 2026, témoigne d'une volonté de désendettement structurel pour limiter la vulnérabilité aux fluctuations des prix des matières premières.
Transformation productive et diversification
Le second axe stratégique, baptisé « New Economy Programme » et prévu pour 2027, mise sur la transformation locale. L'enjeu est de réduire la dépendance aux importations en favorisant la valeur ajoutée nationale. Le gouvernement cible des secteurs clés tels que l'agriculture, l'énergie, les minéraux critiques, le textile, le tourisme et l'industrie pharmaceutique. Cette transition vise à transformer le crédit bancaire, dont les taux sont en baisse, en un levier de production et d'innovation plutôt qu'en un simple outil de consommation.
Institutionnalisation de la discipline budgétaire
Pour éviter les cycles de crise récurrents, le gouvernement insiste sur la nécessité de dépasser le calendrier électoral pour adopter une vision à dix ans. Cela implique une application stricte des règles budgétaires, des contrôles d'engagement et des limites d'endettement. L'idée est de bâtir des institutions capables de maintenir la discipline fiscale indépendamment des alternances politiques, afin de rompre définitivement avec le cycle traditionnel d'emprunt, d'accumulation d'arriérés et de restructuration de la dette.
Un nouveau pacte public-privé
Le succès de cette stratégie repose sur une collaboration étroite entre l'État et le secteur privé. Le gouvernement s'engage à garantir la stabilité, la prévisibilité réglementaire et le développement des infrastructures, tandis que les entreprises sont appelées à répondre par l'investissement, la création d'emplois et l'expansion des exportations. L'enjeu final, selon les autorités, est de s'assurer que les indicateurs macroéconomiques se traduisent par des bénéfices tangibles pour les ménages, les petites entreprises et les agriculteurs, garantissant ainsi une croissance inclusive et pérenne.