Face à un taux de mortalité maternelle persistant, le Ghana a officiellement lancé l'initiative présidentielle PRIMER (Presidential Initiative on Maternal Health Emergency Response). Ce programme quinquennal multisectoriel ambitionne de transformer radicalement la prise en charge des femmes enceintes pour atteindre une réduction annuelle de 20 % des décès liés à l'accouchement sur les trois prochaines années.
Un impératif de santé publique face aux indicateurs actuels
Le lancement de PRIMER intervient dans un contexte où le Ghana peine à atteindre les objectifs de développement durable, qui préconisent un seuil inférieur à 70 décès pour 100 000 naissances vivantes d'ici 2030. Actuellement, le ratio national s'établit à environ 234 décès pour 100 000 naissances, avec un bilan institutionnel s'élevant à 965 décès pour la seule année 2025. Ces chiffres soulignent l'urgence d'une intervention systémique pour garantir la survie des mères.
Le renforcement des soins primaires et des urgences
Au cœur de cette stratégie, le programme MMARP (Maternal Mortality Action and Response Programme) devient le pilier opérationnel et clinique de l'initiative. Les autorités sanitaires ont identifié des failles critiques dans le parcours de soin : une identification tardive des grossesses à risque, des délais excessifs lors des transferts d'urgence, ainsi qu'un manque criant d'équipements de soins intensifs et d'accès aux produits sanguins essentiels. Le MMARP se concentrera spécifiquement sur le maillage des soins primaires et l'optimisation des systèmes de référence pour limiter les complications lors des transferts entre établissements.
Une mobilisation nationale multisectorielle
L'approche portée par le gouvernement ghanéen dépasse le cadre strict du ministère de la Santé. L'initiative PRIMER entend fédérer les institutions publiques, les autorités locales, le secteur privé, ainsi que les leaders traditionnels et religieux. Cette coalition vise à sensibiliser les communautés à l'importance d'un suivi médical précoce. La réussite de ce plan repose sur la capacité des acteurs de terrain à assurer une coordination efficace, garantissant que chaque femme puisse bénéficier d'une intervention médicale rapide et de qualité, avant, pendant et après l'accouchement.