Face à une couverture géographique très inégale, le dépistage précoce du cancer du sein demeure un défi majeur au Ghana. Alors que les équipements de mammographie sont concentrés dans seulement cinq des seize régions du pays, des initiatives privées tentent de briser cet isolement sanitaire en déployant des unités mobiles de diagnostic.
Un accès limité aux infrastructures de santé
Le constat dressé par le Dr Victor Dedjoe, radiologue et PDG de Sayo’s Medical Imaging and Diagnostics Limited, est sans appel : la rareté des mammographes contraint le personnel soignant à se reposer essentiellement sur l'examen clinique. Cette méthode, bien qu'utile, ne permet pas toujours de détecter les tumeurs à un stade précoce, là où les chances de guérison sont les plus élevées. L'absence de machines dans onze régions oblige les patientes, notamment celles venant du nord du pays, à parcourir de longues distances pour accéder à un examen radiologique standard.
L'innovation technologique au service du diagnostic
Pour pallier ce manque, une solution mobile a été conçue pour atteindre directement les communautés les plus éloignées. Cette unité est équipée d'un mammographe 3D couplé à un système d'intelligence artificielle, baptisé LUNIT, destiné à assister les radiologues dans l'interprétation des images. Ce dispositif technologique vise à fiabiliser les diagnostics réalisés sur le terrain et à réduire les délais de prise en charge, souvent critiques dans le traitement des pathologies cancéreuses.
Un appel à la mobilisation nationale
Le déploiement de cette première unité mobile souligne l'urgence de décentraliser les services de santé spécialisés. Le Dr Dedjoe plaide désormais pour un soutien accru du secteur privé et des philanthropes afin de multiplier ces vans de dépistage à travers le territoire national. L'objectif est clair : intégrer ces outils mobiles dans une stratégie globale de santé publique pour transformer durablement les résultats cliniques liés au cancer du sein au Ghana. Cette approche, en supprimant la barrière géographique, pourrait permettre à un nombre significatif de femmes de bénéficier d'un suivi régulier, essentiel pour améliorer les taux de survie face à cette maladie.