Le Ghana amorce un tournant majeur dans sa gestion économique avec l’annonce d’une politique baptisée « Nouvelle Économie », intégrée au budget 2027. Après deux années de rigueur budgétaire destinées à stabiliser l’économie, le gouvernement mise désormais sur des dépenses ciblées pour relancer la croissance, notamment dans les zones rurales et auprès des jeunes.
Un ajustement budgétaire suivi d’une relance ciblée
Le ministre des Finances a confirmé que les deux premières années de mandat du gouvernement avaient été consacrées à des décisions économiques difficiles, visant à redresser les finances publiques. Cette phase de consolidation fiscale, marquée par un objectif d’excédent primaire de 1,5 % du PIB, a permis de stabiliser l’économie. Désormais, l’accent sera mis sur une politique de croissance, avec une réduction de l’excédent primaire à 0,5 % du PIB, libérant ainsi une marge de manœuvre budgétaire équivalente à un point de PIB.
Cette réorientation s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation économique, avec un focus particulier sur les secteurs porteurs. Le gouvernement entend notamment soutenir les acteurs économiques des zones rurales, comme les commerçantes locales, ainsi que les jeunes, considérés comme des leviers essentiels pour stimuler l’activité et améliorer les conditions de vie.
Perspectives et défis pour l’économie ghanéenne
L’annonce intervient à quelques mois de la présentation du budget 2027, qui détaillera cette nouvelle orientation. Le ministre a souligné que cette politique reflète la vision économique du président, avec pour objectif de transformer l’économie à grande échelle. Si les détails restent à préciser, l’accent mis sur les populations et les secteurs stratégiques laisse entrevoir une approche pragmatique, combinant relance et équité sociale.
Cette transition vers une économie de croissance soulève cependant des questions sur la soutenabilité des finances publiques à moyen terme. La réduction de l’excédent primaire, bien que modérée, pourrait tester la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux. Par ailleurs, l’efficacité des dépenses ciblées dépendra de la capacité à identifier les bons leviers et à éviter les distorsions économiques.