Le gouvernement ghanéen engage un tournant stratégique dans ses relations minières avec la Chine, en exigeant une transition vers une exploitation à plus forte valeur ajoutée. Lors du forum CHINA MINING 2026 à Tianjin, les autorités ont plaidé pour que les partenariats bilatéraux ne se limitent plus à l'extraction brute, mais favorisent désormais l'industrialisation, le transfert de compétences et la création d'emplois locaux.
Priorité à la transformation locale et à l'emploi
Le ministre des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, a souligné que le modèle actuel, consistant à exporter des matières premières pour les transformer à l'étranger, ne répond plus aux besoins de développement du pays. L'objectif est d'utiliser les ressources minérales comme levier pour bâtir une base industrielle solide. Pour le gouvernement, cette mutation est une nécessité sociale : elle doit permettre aux jeunes Ghanéens d'accéder à des carrières qualifiées et de construire leur avenir sur le territoire national, plutôt que de voir la richesse quitter le pays sans transformation.
Modernisation technologique et gestion environnementale
Au-delà de la transformation, le Ghana cherche à intégrer les technologies chinoises pour moderniser son secteur minier. Le ministre a mis en avant le besoin de coopérer sur la gestion des données géologiques, l'automatisation et la traçabilité numérique de la chaîne de valeur de l'or. Cette modernisation vise à réduire les risques pour les investisseurs tout en renforçant la transparence. Parallèlement, le pays insiste sur la coopération environnementale, notamment pour la restauration des terres et la gestion des résidus miniers, afin de limiter les impacts négatifs de l'exploitation sur les écosystèmes et les communautés locales.
Une nouvelle génération de partenariats stratégiques
Le Ghana souhaite attirer des investissements dans des secteurs clés tels que le raffinage de l'or, le développement du minerai de fer pour la sidérurgie nationale et l'exploitation des minéraux critiques. Le ministre a rappelé que la présence de groupes chinois majeurs, tels que Zijin Mining ou Shandong Gold, constitue une base solide pour approfondir ces liens. Toutefois, il a insisté sur une condition sine qua non : ces partenariats doivent impérativement inclure des programmes de formation technique pour les ingénieurs et régulateurs ghanéens. L'ambition affichée est de garantir que, bien après la fermeture des mines, le pays conserve des institutions renforcées et une prospérité durable.