Face à l'évolution constante des réseaux criminels transnationaux, le directeur général de la Narcotics Control Commission (NACOC) du Ghana, le général de division Maxwell Obuba Mantey, a plaidé pour une mutation profonde des stratégies sécuritaires africaines. Lors de la 33e réunion des chefs des agences nationales de lutte contre la drogue (HONLEA Africa) à Vienne, il a insisté sur la nécessité de dépasser les déclarations diplomatiques pour instaurer une coopération opérationnelle concrète entre les États.
L'impératif d'une action transfrontalière coordonnée
Le constat est sans appel : aucun pays ne peut endiguer seul le trafic de cocaïne et de drogues synthétiques. Les réseaux criminels exploitent méthodiquement les failles des systèmes nationaux et les disparités entre les juridictions pour faire circuler leurs produits et leurs flux financiers illicites. Pour le général Mantey, la coopération ne doit plus être une simple formalité, mais le pilier central de toute stratégie nationale de sécurité. Il préconise une approche de proximité, dite « voisin à voisin », pour renforcer l'efficacité des interventions sur le terrain.
Des mécanismes opérationnels pour démanteler les réseaux
La proposition ghanéenne repose sur des mesures concrètes : le partage systématique de renseignements, la mise en place de patrouilles conjointes et une gestion coordonnée des frontières. L'objectif est de permettre qu'une information collectée dans une juridiction puisse immédiatement soutenir une enquête ou une opération de saisie dans un pays limitrophe. Le général a cité en exemple les collaborations bilatérales déjà actives entre le Ghana et ses voisins, ainsi qu'entre le Sénégal et la Gambie, comme modèles de réussite pour une intégration régionale plus large.
La menace des drogues synthétiques sur la stabilité
Au-delà de la lutte contre le trafic, les enjeux sont institutionnels. Lors d'un dialogue de haut niveau tenu à Accra en 2025, les experts avaient déjà souligné l'impact dévastateur des drogues synthétiques sur la jeunesse africaine. Plus grave encore, le général Mantey a rappelé que les flux financiers issus de ces activités illicites constituent une menace directe pour la gouvernance et la solidité des institutions étatiques. La lutte contre ces réseaux est donc indissociable de la préservation de la stabilité politique du continent.
Vers une reddition de comptes continentale
En clôture de la conférence de Vienne, le représentant ghanéen a appelé ses homologues à transformer les engagements pris lors de ces assises en résultats tangibles. Le message est clair : la prochaine réunion annuelle devra être l'occasion de présenter des progrès opérationnels mesurables plutôt que de nouvelles promesses. Le Ghana réaffirme ainsi son soutien aux initiatives de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour renforcer les capacités collectives des États membres.