Face aux lacunes persistantes dans l'application de la politique nationale d'éducation inclusive lancée en 2015, l'organisation Chance for Childhood presse les autorités ghanéennes de revoir à la hausse les ressources allouées au secteur. L'enjeu est de taille : permettre aux enfants en situation de handicap d'intégrer pleinement le système scolaire classique.
Un seuil budgétaire jugé insuffisant
Richard Opoku, représentant de l'organisation, souligne que le financement actuel de l'éducation inclusive stagne sous la barre symbolique de 1 % du budget global de l'éducation. Cette faiblesse des investissements entrave directement la mise en œuvre des réformes promises par le ministère de l'Éducation et le Ghana Education Service. Pour pallier ces carences, l'ONG préconise un doublement de cette enveloppe, visant un minimum de 2 % afin de financer des interventions critiques, notamment l'acquisition de matériel pédagogique adapté et le déploiement de programmes de formation continue pour le personnel enseignant.
La montée en compétences des enseignants
La réussite de l'inclusion scolaire repose largement sur la capacité des enseignants à répondre à la diversité des besoins des élèves. Selon M. Opoku, la formation continue est indispensable pour doter les éducateurs des outils nécessaires à un accompagnement personnalisé. Au-delà de l'aspect technique, il insiste sur la nécessité de valoriser ces professionnels. Si un soutien financier est souhaitable, il suggère également d'explorer des mécanismes de reconnaissance non monétaires pour encourager ceux qui s'investissent quotidiennement dans l'accueil des enfants en situation de handicap.
Le rôle du récit médiatique dans l'inclusion
Lors d'un atelier dédié aux médias à Accra, l'accent a été mis sur la responsabilité des journalistes dans la construction du regard social sur le handicap. Le traitement de l'information, le choix des images et le vocabulaire utilisé peuvent soit perpétuer des stéréotypes discriminatoires, soit favoriser une culture de dignité et d'inclusion. L'organisation appelle les médias à adopter une approche plus sensible et informée, capable de transformer le débat public et de soutenir les efforts de plaidoyer pour une école accessible à tous.
Une responsabilité collective
L'éducation inclusive ne peut être la seule affaire des institutions étatiques. M. Opoku rappelle que la transformation du système éducatif ghanéen nécessite une synergie entre le gouvernement, les organisations de la société civile, le secteur privé et le grand public. Cette mobilisation multisectorielle est présentée comme la condition sine qua non pour garantir que chaque enfant, quelles que soient ses capacités, puisse bénéficier d'un environnement d'apprentissage équitable et participatif.