Le Ghana cherche à consolider son statut de plaque tournante énergétique en Afrique de l'Ouest en envisageant un partenariat stratégique avec le Nigeria. Ce projet, porté par le ministère de l'Énergie et de la Transition verte, vise à créer une synergie où le gaz naturel nigérian alimenterait la production électrique ghanéenne, laquelle serait ensuite réinjectée dans le réseau régional.
Un modèle d'échange énergétique bilatéral
Actuellement, le Ghana exporte déjà de l'électricité vers le Togo, le Bénin et le Burkina Faso. L'intégration du Nigeria dans ce dispositif de transmission régionale permettrait d'optimiser les capacités de production des deux nations. Selon Richard Gyan-Mensah, vice-ministre de l'Énergie, cette coopération s'inscrit dans une volonté d'élargir les échanges tout en garantissant la stabilité du réseau national ghanéen, qui dispose aujourd'hui d'une capacité suffisante pour couvrir ses besoins domestiques tout en honorant ses engagements régionaux.
Investissements massifs pour la souveraineté énergétique
Pour anticiper la croissance de la demande intérieure à l'horizon 2040, le gouvernement ghanéen a déployé un plan directeur de production et de transmission couvrant la période 2025-2040. Ce programme prévoit des investissements de 10 milliards de dollars destinés à moderniser les infrastructures. La Volta River Authority, acteur clé du secteur, souligne que ces efforts visent non seulement à accroître la capacité de production, mais aussi à réduire les pertes techniques et à optimiser la gestion des ressources pour garantir une fourniture fiable.
Le défi de la compétitivité industrielle
Malgré ces ambitions régionales, le secteur industriel ghanéen exprime des inquiétudes croissantes concernant le coût de l'énergie. L'Association des industries du Ghana a alerté sur l'impact financier de la suppression de certaines remises tarifaires, qui a entraîné une hausse des factures d'électricité atteignant 40 % pour certaines entreprises. Alors que le gouvernement mise sur une électricité abordable pour stimuler la croissance industrielle, la conciliation entre les impératifs de rentabilité des opérateurs et les besoins de compétitivité des entreprises locales demeure un enjeu central pour la réussite de cette stratégie énergétique à long terme.