Face à une dépendance persistante aux importations, le gouvernement ghanéen a réaffirmé sa volonté de restructurer son secteur pharmaceutique. L'objectif est clair : faire passer la part des médicaments produits localement de 30 % à 70 % au cours des cinq prochaines années afin de sécuriser l'accès aux soins essentiels.
Un cap fixé pour l'industrie nationale
La vice-présidente, le professeur Naana Jane Opoku-Agyemang, a souligné lors de l'assemblée générale de la Société pharmaceutique du Ghana que le renforcement des capacités locales est une nécessité pour la résilience du système de santé. Les industriels ghanéens ont déjà entamé une montée en gamme, diversifiant leur production vers des segments techniques tels que les produits ophtalmiques, les injectables, les perfusions et les anesthésiques. Cette dynamique vise à répondre plus efficacement aux besoins changeants de la population tout en réduisant la vulnérabilité du pays face aux fluctuations des marchés internationaux.
Les conditions de la réussite industrielle
Si la cible des 70 % est accueillie favorablement par la profession, le président de la Société pharmaceutique du Ghana, Paul Owusu Donkor, insiste sur la nécessité de transformer cette ambition en un programme opérationnel financé. Pour atteindre ces objectifs, les acteurs du secteur appellent à une commande publique prévisible et régulière, garantissant ainsi des débouchés aux laboratoires locaux. L'accès à des financements à long terme et des délais de paiement maîtrisés sont présentés comme des leviers indispensables pour permettre aux entreprises d'investir sereinement dans leurs outils de production.
Adapter la pharmacie aux défis contemporains
Au-delà de la capacité de production, les autorités appellent à une modernisation profonde de la pratique pharmaceutique. Le professeur Opoku-Agyemang a exhorté les professionnels à s'impliquer davantage dans la gestion des maladies chroniques et non transmissibles, qui pèsent de plus en plus lourdement sur le système de santé. Cette transformation devra s'accompagner d'un cadre réglementaire agile, capable d'intégrer les innovations technologiques telles que l'intelligence artificielle, la prescription numérique et l'optimisation des chaînes d'approvisionnement. Ces évolutions sont jugées cruciales pour améliorer le dépistage précoce et la prise en charge globale des patients ghanéens.