Le Ghana a franchi une étape clé dans son programme de coordination des politiques (PCI) avec le Fonds monétaire international, atteignant la majorité de ses objectifs quantitatifs. Si les institutions internationales saluent la solidité des réformes structurelles engagées, elles soulignent la nécessité d'une vigilance accrue face aux chocs extérieurs et aux déséquilibres sectoriels persistants.
Des mesures correctives pour stabiliser les réserves
Face à une érosion récente de ses réserves de change, le gouvernement ghanéen a déployé des ajustements stratégiques. Le transfert de l'intermédiation des devises de la Banque centrale vers GoldBod, couplé à une obligation accrue de vente d'or pour les grands exploitants miniers, constitue le pilier de cette stratégie. Le FMI insiste sur le fait que la flexibilité du taux de change demeure une condition sine qua non pour reconstituer durablement les réserves du pays conformément aux objectifs fixés.
Avancées structurelles et discipline budgétaire
Sur le plan législatif et administratif, le pays a enregistré des progrès notables, notamment avec l'adoption de la nouvelle loi sur le Conseil du cacao (Cocoa Board Act) visant à assainir la gouvernance de ce secteur vital. Parallèlement, la modernisation du système fiscal et la mise en place d'un cadre de gestion des risques budgétaires avancent. Le budget 2027, qui prévoit un excédent primaire de 0,5 % du PIB, est jugé solide par les experts, à condition que les projets d'investissement soient soumis à une évaluation rigoureuse et à des contrôles stricts des dépenses.
Les défis de la résilience économique
Malgré ces efforts, le Ghana reste exposé à une forte volatilité des cours mondiaux des matières premières, notamment l'or, le pétrole et le cacao. Les tensions géopolitiques et le durcissement des conditions financières internationales compliquent la gestion de la dette. Le FMI pointe également des faiblesses persistantes dans le secteur de l'énergie et des besoins importants en matière de refinancement de la dette. Pour renforcer la confiance des investisseurs, l'institution préconise une accélération de la gouvernance publique, notamment par l'adoption de textes sur l'éthique et la lutte contre la corruption, ainsi qu'un meilleur encadrement des entreprises d'État.