L'ancien président du Sénat malgache, le général Richard Ravalomanana, a été condamné à dix ans de travaux forcés par la justice. Cette décision fait suite à son implication présumée dans la répression violente des manifestations survenues à Antananarivo entre septembre et octobre 2025.
Les charges retenues contre l'ancien haut responsable
La condamnation repose sur des accusations de complicité de meurtre et de blessures volontaires. Le dossier judiciaire mettait en lumière des exactions commises par les forces de l'ordre à l'encontre de manifestants, citant notamment des actes de violence physique documentés à Anosibe. L'accusation soutenait que le général avait activement facilité ces agissements en donnant des instructions directes aux unités mobilisées sur le terrain.
La ligne de défense et le témoignage de la police
Pour sa défense, Richard Ravalomanana a fermement nié toute responsabilité opérationnelle dans la gestion des troubles. Sa position a été corroborée par l'ancien directeur général de la Police nationale, Dany Marius Rakotozanany. Ce dernier a affirmé devant la juridiction que le général ne faisait pas partie de la chaîne de commandement opérationnelle, laquelle relevait, selon lui, de structures placées sous l'autorité directe du Premier ministre et de l'état-major mixte opérationnel national.
Un pourvoi en cassation pour contester le verdict
L'avocat de l'ancien président du Sénat a vivement contesté l'absence de preuves matérielles, telles qu'un ordre écrit ou verbal formel, reliant son client aux violences constatées. Par ailleurs, un volet distinct de l'affaire, concernant des menaces de mort présumées proférées en 2019 à l'encontre d'un ancien responsable de la Sirama, a été écarté par la juridiction en raison de la prescription et du retrait de la plainte par la partie civile. Malgré la condamnation prononcée, la procédure judiciaire se poursuit : la défense a officiellement annoncé un pourvoi en cassation pour tenter d'infirmer ce jugement devant la juridiction supérieure. En attendant l'examen de ce recours, le général doit regagner la prison de haute sécurité d'Imerintsiatosika.