Le groupe technologique Dreame, connu pour ses robots aspirateurs, traverse une phase de restructuration majeure marquée par l'abandon définitif de ses ambitions dans le secteur automobile. Face à une expansion tous azimuts devenue insoutenable, l'entreprise a supprimé 2 400 postes et réorganisé ses 200 unités commerciales en quatre pôles stratégiques.
L'échec du projet automobile « Starry Sky »
L'aventure automobile de Dreame, lancée en août 2025, s'achève après seulement un an d'existence. Malgré des promesses technologiques spectaculaires, incluant une supercar capable d'atteindre les 100 km/h en 0,9 seconde, la production en série n'a jamais été amorcée. Des témoignages d'anciens employés suggèrent que les prototypes présentés lors de salons internationaux, tels que le CES, manquaient de maturité industrielle, certains n'étant que des maquettes non fonctionnelles. L'entreprise a confirmé l'arrêt du programme, invoquant la complexité du secteur et l'intensité de la concurrence, tout en précisant que les technologies développées seront réorientées vers la recherche.
Une restructuration dictée par la complexité opérationnelle
La multiplication des projets — allant des smartphones aux semi-conducteurs en passant par la robotique — avait conduit Dreame à une fragmentation excessive de son organisation. En juin 2026, la direction a acté un retour aux fondamentaux. Désormais, l'activité est concentrée autour de quatre piliers : la maison intelligente, l'entretien extérieur, la mobilité intelligente et la robotique incarnée. Cette cure d'austérité, qui touche 12 % des effectifs, vise à stabiliser un groupe dont la croissance rapide avait attiré l'attention des autorités chinoises, notamment sur la gestion des financements publics locaux.
Tensions avec les fournisseurs et défis de trésorerie
La transition brutale du groupe a engendré des tensions significatives avec ses partenaires commerciaux. Plusieurs fournisseurs ont fait état de retards de paiement, certains allant jusqu'à suspendre leurs livraisons ou bloquer des stocks en attendant le règlement de factures impayées. Si Dreame assure avoir mis en place un système centralisé pour traiter ces litiges, la situation illustre les difficultés de gestion liées à la démultiplication des projets. L'entreprise nie toutefois toute faillite, s'appuyant sur la solidité de son cœur de métier historique.
La résilience du cœur de métier
Malgré ces turbulences, Dreame affiche une santé financière robuste sur son segment principal. Lors de l'IFA 2026, le groupe a revendiqué une hausse de 91 % de son chiffre d'affaires au premier semestre, consolidant sa position de leader sur le marché des robots aspirateurs en Europe occidentale. Ce contraste entre l'échec de la diversification et la performance du segment historique souligne une correction stratégique : Dreame tente désormais de préserver sa rentabilité en abandonnant les secteurs où elle ne dispose pas d'un avantage technologique immédiat.