Le géant minier QMM a annoncé vendredi 28 août la suspension de ses activités d'extraction d'ilménite à Fort-Dauphin, dans le sud-est de Madagascar, après des semaines de blocages qui ont paralysé l'accès au site. Des agriculteurs locaux, dont les terres ont été inondées par les opérations minières, ont bloqué à plusieurs reprises la route menant à la deuxième plus grande mine de la Grande Île. Ils dénoncent le refus de l'entreprise de se conformer à une décision de justice les obligeant à verser des dommages et intérêts.
Des semaines de blocages sur la route d'accès à la mine
Depuis trois semaines, la route conduisant au site minier de QMM, situé près de Fort-Dauphin, est régulièrement bloquée par des agriculteurs mécontents. Ces derniers estiment que les activités d'extraction d'ilménite menées sur le site ont provoqué des inondations ayant détruit ou rendu inutilisables leurs terres agricoles. Les manifestations ont fini par contraindre l'entreprise à annoncer la suspension temporaire de ses opérations, une décision qui intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la population locale et le groupe minier.
Inondations, décision judiciaire et refus de l'entreprise
Les agriculteurs affirment que QMM est responsable des inondations qui ont affecté leurs exploitations. Ils sont soutenus dans leur démarche par l'ONG Transparency International, qui pointe le refus du groupe de se plier à une décision rendue par la justice malgache. Cette décision ordonnait à l'entreprise de verser des dommages et intérêts aux agriculteurs lésés. À ce jour, aucune exécution de cette décision judiciaire n'a été constatée, ce qui alimente la frustration des plaignants et renforce la mobilisation locale contre le site.
Rio Tinto, actionnaire principal, face aux enjeux de responsabilité
QMM, qui constitue la deuxième plus grande mine de la Grande Île, a pour actionnaire principal le groupe anglo-australien Rio Tinto. Ce conflit met en lumière les enjeux de responsabilité environnementale et sociale pesant sur les grands groupes miniers opérant en Afrique. La suspension des activités à Fort-Dauphin illustre la vulnérabilité opérationnelle de ces entreprises lorsque les communautés locales estiment que leurs droits sont ignorés. La suite du dossier dépendra de la volonté de QMM de se conformer à la décision de justice ou de poursuivre le conflit, une situation à suivre attentivement pour l'ensemble des parties prenantes.