Face à une recrudescence d'admissions critiques au sein de l'unité de soins intensifs pédiatriques Rebecca Akufo-Addo du Korle Bu Teaching Hospital, des professionnels de santé tirent la sonnette d'alarme. Le gavage forcé des enfants, souvent motivé par une quête esthétique de corpulence, entraîne des complications respiratoires sévères, voire mortelles.
Les risques vitaux liés au gavage
Le personnel médical du centre hospitalier de Korle Bu observe depuis deux ans une hausse préoccupante des cas d'enfants hospitalisés suite à des pratiques d'alimentation forcée. Selon la pédiatre Dr Amanda Fofie, cette habitude, ancrée dans une volonté parentale de voir des enfants « bien portants » ou dodus, méconnaît les besoins physiologiques réels des plus jeunes. Les médecins rappellent qu'un enfant peut consommer de petites quantités de nourriture tout au long de la journée sans que cela ne constitue un problème de santé, et qu'une perte d'appétit doit systématiquement faire l'objet d'une consultation médicale plutôt que d'une contrainte physique.
L'urgence de la campagne « Protect My Little Lungs »
Pour contrer ce phénomène, l'unité pédiatrique a lancé la campagne « Protect My Little Lungs ». Cette initiative vise à sensibiliser les parents et les grands-parents aux dangers de l'aspiration pulmonaire, une complication directe du gavage. En forçant l'ingestion d'aliments ou de liquides, les parents exposent les poumons de l'enfant à des corps étrangers, provoquant des infections respiratoires graves qui saturent les services de soins intensifs.
Dangers des remèdes domestiques après ingestion accidentelle
Au-delà du gavage alimentaire, le personnel infirmier alerte sur une pratique dangereuse consistant à administrer de l'huile de palme ou du lait à un enfant ayant ingéré accidentellement des produits ménagers. Stephanie Appiah, infirmière au sein de l'unité, souligne que ces substances, lorsqu'elles sont introduites de force, finissent souvent dans les poumons. Les conséquences sont dramatiques : outre le risque de décès immédiat, les survivants conservent fréquemment des séquelles neurologiques irréversibles. La recommandation des spécialistes est formelle : en cas d'ingestion de produits toxiques, le seul réflexe salvateur est le transfert immédiat vers une structure hospitalière, sans tentative de traitement domestique.