Une pénurie de carburant a paralysé Libreville et plusieurs régions du Gabon durant deux semaines, mettant en lumière la vulnérabilité énergétique du pays. Si la situation tend vers une normalisation, cet épisode souligne les limites structurelles de l'unique raffinerie nationale face à une demande croissante.
Les causes d'une rupture d'approvisionnement
Depuis le 26 septembre 2026, les automobilistes gabonais ont été confrontés à des files d'attente interminables dans les stations-service. Selon les autorités et les experts, cette crise résulte d'une conjonction de facteurs internes et externes. La Société gabonaise de raffinage (SOGARA), unique outil de transformation du pays, a dû faire face à des travaux de réparation sur ses capacités de stockage, réduisant drastiquement sa production. Cette indisponibilité a contraint le pays à une dépendance accrue aux importations, lesquelles ont été retardées par les tensions logistiques sur les voies maritimes internationales au Proche et au Moyen-Orient.
La dépendance aux importations
Bien que le Gabon soit un producteur majeur de pétrole brut, avec une production annuelle estimée à 84 millions de barils en 2024, il importe environ 60 % de ses besoins en carburant raffiné. La SOGARA, construite en 1967, souffre d'une vétusté marquée : sa capacité de traitement est passée de 1,2 million de tonnes par an à environ 0,86 million. Aujourd'hui, elle ne couvre qu'entre 25 et 40 % de la consommation nationale, rendant le marché intérieur extrêmement sensible aux aléas du commerce mondial.
Vers une nouvelle stratégie énergétique
Face à cette crise, le gouvernement a pris des mesures d'urgence, notamment la levée des restrictions sur la livraison nocturne de carburant pour accélérer le réapprovisionnement des stations. À plus long terme, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a ordonné le lancement d'études pour la construction d'une seconde raffinerie, visant à diversifier les capacités de production. Le gouvernement prévoit également de moderniser les installations existantes de Port-Gentil et d'accroître les stocks stratégiques nationaux pour mieux absorber les chocs d'approvisionnement futurs.